« Tant que tu te tiens debout, tends à la main à ceux qui sont tombés »

Il y a un an et demi, Anusha a du quitté l’Afghanistan avec ses deux fils. Quand ils ont contacté notre association, ils vivaient dans un hôtel qu’ils n’avaient plus les moyens de payer. Anusha et son plus jeune fils ont été hébergés par un jeune couple, Aimé et Merry, alors que le frère ainé a été acueilli par un réfugié qui avait été précédemment hébergé par Réfugiés Bienvenue. Après avoir obtenus leur statut de réfugiés, ils ont emménagé tous ensemble il y a deux semaines dans un appartement en banlieue parisienne.

Pour les hébergeurs, cette expérience fut unique en son genre :

« Les langues différentes, leur situation incertaine, leur vécu traumatisant et une culture éloignée ont pu à des occasions créer de la confusion. Chacun d’entre nous a dû faire des efforts pour que tout le monde se sente chez soi. Nous avons aussi pu nous plonger dans toutes les démarches administratives et ses incohérences pour accompagner nos convives. Finalement, nous avons été enrichis humainement de cette expérience et nous sommes satisfaits d’avoir aidé concrètement cette famille. Les liens, presque familiaux, que nous avons tissés nous lient durablement et nous continuons à nous voir régulièrement. »

Pour Anusha et sa famille, cette rencontre a changé leur vie :

« Aimé et Merry nous ont accueilli chez eux, et nous ont permis de croire que nous étions chez nous. Ils nous ont donné de l’amour, nous avons ri ensemble, cuisiné ensemble, mangé ensemble, regardé des films… Nous avons passé beaucoup de très beaux moments en leur compagnie.

Le plus dur fut de faire nos adieux. Après cinq mois de vie commune, nous étions tous remplis d’émotion. Nous ne nous quittons pas vraiment, nous nous reverrons. Car un lien fraternel lie désormais nos deux familles, et tout ce qu’ils ont fait pour nous, pour ma famille, nous a surpris et touché. Nous ne savons pas comment les remercier.

Si Dieu le veut, un jour, notre vie nous mènera vers des moments plus prospères, et si ce moment vient, ma famille essaiera au possible de leur rendre la pareille. Dans ma langue, le dari, nous avons un proverbe qui dit : « Tant que tu te tiens debout, tends la main à ceux qui sont tombés (چو ايستاده ئى دست افتاده گير) »

Après 15 mois d’hébergement, Binta a pu prendre son indépendance

Arrivée en Belgique il y a cinq ans alors qu’elle était encore mineure, c’est finalement à Paris que Binta, guinéenne, obtînt le statut de réfugié, quatre ans plus tard. Hébergée à Paris et à Sainte-Geneviève-des-Bois pendant 15 mois par des familles du réseau Réfugiés Bienvenue avant de pouvoir prendre son indépendance, Binta a repris des études pour devenir secrétaire médicale.

En parallèle, elle travaille dans un restaurant africain et comme coiffeuse. Avant d’avoir le droit de travailler, cette jeune femme courageuse s’est engagée bénévolement au sein du service municipal de la Jeunesse de Sainte-Geneviève-des-Bois mais aussi à la Croix-Rouge.

Nous sommes très heureux de ses réussites et stupéfaits par sa volonté !

Tha témoigne: «J’ai beaucoup de chance d’être ici!»

Après deux ans passés en France, Tha – qui a eu la chance d’être hébergé au sein de deux familles du réseau Réfugiés Bienvenue, à Paris et Pontoise – a obtenu le statut de réfugié. Il travaille désormais en cuisine dans le restaurant végétarien d’Olivier, qui est aussi l’un des hébergeurs les plus assidus de notre réseau.

«Quand je finis le service vers une heure du matin, je mets à peu près trois heures pour rentrer à Pontoise chez Klod (son hébergeuse). C’est pas très pratique, mais ça me va comme ça. J’aime le travail, j’aime ma maison… Je vais continuer un peu comme ça, économiser, puis j’irai vivre à la montagne. C’est plus calme, moins pollué, moins cher, et surtout si beau. Ca m’apaise beaucoup. J’ai beaucoup de chance d’être ici !»

Dans la rue, Proscovia se sentait invisible. Plus maintenant.

Proscovia est venue de Tanzanie en France en 2014. Après trois ans de procédure, le statut de réfugié lui a été octroyé en juin dernier. Elle qui n’avait jamais été à l’école et parlait uniquement swahili a appris à maîtriser l’anglais et le français. Après avoir vécu en monastère, puis à la rue, elle s’occupât de la petite fille d’une mère célibataire qui l’accueillît chez elle. Aujourd’hui, elle travaille à mi-temps en hôpital tout en se préparant aux concours lui permettant de devenir aide-soignante:

« Avant, quand j’étais dans la rue, c’est comme si j’étais dans une pièce pleine de gens, mais coincée derrière les rideaux. Je peux entendre et voir tout le monde mais je suis invisible, je sers à rien, je compte pour personne. Maintenant je suis super heureuse. C’est une nouvelle Proscovia, j’apprends des choses tous les jours, je me fais des amies. Pas que des réfugiées. Des gens qui pensent différemment. Je m’améliore ! »

Réfugiés Bienvenue officialise son partenariat avec Airbnb

Le 20 juin, Airbnb a lancé la plateforme Open Homes pour permettre à ses hôtes d’héberger des demandeurs d’asile et réfugiés, en collaboration avec plusieurs associations, dont Réfugiés Bienvenue.

Le partenariat Réfugiés Bienvenue – Airbnb est né il y a plusieurs mois et a permis à plusieurs personnes d’être hébergé pour des longues périodes chez des hôtes Airbnb.

Ci-dessous une vidéo de témoignages de certains de ces hôtes Airbnb devenus hébergeurs avec Réfugiés Bienvenue.

Interview sur RCF: héberger avec Réfugiés Bienvenue

Margritt Clouzeau, responsable du pôle hébergement de Réfugiés Bienvenue jusqu’en mai de cette année, est passée sur « Les Bonnes Ondes », émission animée par Vincent Belloti sur RCF. L’occasion parfaite de présenter notre action en détail: les modalités de l’hébergement et l’action d’accompagnement de l’association.

Son intervention a été suivie du témoignage de André qui, avec sa femme, a hébergé un demandeur d’asile guinéen chez lui pendant plusieurs mois. Il parle des échanges, moments partagés et surprises qui ont ponctué leur cohabitation, des réactions de ses amis et proches, de leur relation amicale qui continue encore, bien que l’hébergement soit terminé

Je suis réfugié, mais je paye mes impôts !

Ali Hassan* est venu du Pakistan suite à l’assassinat d’une partie de sa famille, et notamment de son père – commissaire de police – par les Talibans. Il a rapidement été hébergé par Réfugiés Bienvenue, en banlieue parisienne. Pendant près d’un an, il cohabite avec un Afghan dans un studio mis à disposition gratuitement par un couple de retraités. Si les premiers mois furent éprouvants, marqués par les souvenirs difficiles, la dépression et l’attente longue et désespérée d’une convocation devant l’OFPRA, la situation s’est nettement améliorée depuis qu’Ali Hassan a été embauché par un entrepreneur franco-pakistanais. Il travaille tous les jours comme gestionnaire d’un magasin dans la banlieue sud de Paris, est payé correctement et déclaré (les demandeurs d’asile en attente d’une réponse de l’administration ont le droit de travailler après neuf mois. Leur futur employeur doit obtenir l’accord de la DIRECCTE, une procédure dissuasive pour bien des employeurs mais pas pour celui d’Hassan). « Je suis réfugié, mais je paye mes impôts ! » tient-il à souligner.

Il attend toujours la réponse de l’administration concernant sa demande d’asile, et ce depuis 10 mois, mais le cœur est plus léger. « J’ai fait des études de médecine (interrompues par son départ), donc la gestion de magasin, je ne connaissais absolument pas. Mon français était mauvais, mais j’ai eu la chance qu’on me fasse confiance, et de pouvoir travailler aux côtés de personnes qui parlent couramment français. Ca m’a fait énormément progressé. » Et effectivement, Hassan ne parle plus que la langue de Molière.

Bien qu’il soit hébergé en CADA (Centre d’accueil pour demandeurs d’asile) depuis 9 mois, Ali Hassan continu à fréquenter les événements organisés par Réfugiés Bienvenue, où il présente souvent les poèmes qu’il écrit en pachto et traduit en anglais.

Depuis qu’il a un travail, Ali Hassan a retrouvé la force de s’engager : il est bénévole pour une association pakistanaise dont le but est d’accompagner les enfants dont les parents sont morts du fait du terrorisme ou de la guerre menée par l’armée dans le Nord du pays, ce afin d’éviter qu’ils ne deviennent eux-mêmes des Talibans. « Je communique avec les enfants et mes collègues par vidéo-conférence. Même d’ici, je veux travailler au retour de la paix dans notre pays. Je supporte le candidat Imran Khan aux prochaines élections législatives car j’espère qu’il va parvenir à ouvrir le Pakistan sur le monde et à combattre la corruption, l’une des causes de la colère des Pakistanais et donc du terrorisme. Je pense qu’il peut amener une réelle démocratie dans notre pays, comme celle que vous avez en Europe. »

Pour Ali Hassan, il est essentiel que les cultures dialoguent. Il prend pour exemple l’aversion qu’il avait auparavant pour les Juifs : « Avant je ne connaissais que ce qu’on nous racontait au Pakistan, mais en arrivant ici, j’ai été aidé par des Juifs (c’est d’ailleurs au sein du Centre Primo Levi -du nom du rescapé de la Shoah auteur de Si c’est un homme- qu’il est suivi psychologiquement et administrativement depuis son arrivée en France). J’ai vu que ce qui compte, c’est d’avoir bon coeur, d’être attentif à l’autre. Pas l’appartenance religieuse. »

« Souvent, quand je dis à des gens que je suis pakistanais, je vois bien qu’ils ont un peu peur. Mais j’espère, de par mon comportement, prouver que le Pakistan, ce n’est pas que les Talibans, tout comme la France, ce n’est pas que Marine Le Pen. »

*le nom a été modifié.

Ce sera toujours ma maison

« On est devenu comme une famille, franchement, elle m’a beaucoup aidé. » C’est avec ces mots qu’Abou, jeune malien, parle de Laurence, celle qui, avec son compagnon et ses trois jeunes enfants, l’a accueilli durant près d’un an à Houilles (Yvelines), jusqu’à ce qu’il obtienne le statut de réfugié en septembre 2016. « C’est aussi Laurence qui m’a trouvé un travail comme commis dans un restaurant à Chatelêt », continue-t-il. « J’ai commencé dès octobre, au début juste deux heures par jour, maintenant je fais de 6h30 à 12h, tous les jours sauf dimanche, ça me plaît bien. »

Abou a fui le Mali en raison des persécutions liées à son homosexualité. Avec l’association Réfugiés Bienvenue, il a d’abord été hébergé quatre mois chez un couple à Paris, avant d’être accueilli à Houilles. Il vit désormais dans une nouvelle famille à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis ). « Je suis très reconnaissant envers ces trois familles de Français. Maintenant j’espère que je vais réussir à trouver un plein temps pour pouvoir m’offrir un petit chez moi. »

« Le week-end passé j’étais dans la famille à Houilles, c’était les neuf ans du plus jeune. Je connais tout le monde, même les parents de Laurence, leurs amis. Quand j’ai quitté chez eux pour aller à Saint-Ouen, j’ai voulu rendre les clés mais Laurence m’a dit que non, je dois les garder, ça sera toujours ma maison, qu’on est une famille. Ca m’a fait très plaisir. »

C’est aussi grâce à ses premiers hébergeurs qu’Abou a appris à lire et écrire. « J’écris pas très bien, mais ça va, je peux envoyer des sms, lire des textes, ça se passe bien. »

Réfugiés Bienvenue permet à des demandeurs d’asile sans domicile d’être accueillis gratuitement chez des particuliers en Ile-de-France. La durée minimale d’hébergement est d’un mois. Tant que l’accueilli n’a pas trouvé de solution plus pérenne, l’association s’engage à le faire réhéberger, dans la limite des familles disponibles. L’association garantit également un suivi juridique et administratif par le biais d’associations partenaires. Pour héberger, vous pouvez nous contacter par ce formulaire.

 

Rencontrez Saleem, hébergé par RB

Arrivé en novembre 2015 en France, après un voyage éprouvant de plusieurs mois depuis le Pakistan, Saleem a été accueilli en décembre par une famille de l’association Réfugiés Bienvenue à Meudon (Hauts-de-Seine). En quelques mois, ses progrès en français furent fulgurants. Il fut d’ailleurs l’un des 25 sélectionnés parmi 300 candidats au programme de cours intensifs de français de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où il suit toujours des cours (niveau avancé).

Dès décembre, il devient bénévole aux Restos du Cœur. Deux fois par semaine, les vendredis et samedis, à Gare de l’Est puis à République, il prépare et sert des repas chauds aux plus démunis, parmi lesquels se trouvent principalement des migrants, comme lui.

Sa demande d’asile ayant été rejetée par l’administration (OFPRA), il tente un recours auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) mais son avocate omet de faire parvenir le recours à la Cour dans les délais impartis. Il tente actuellement un recours devant le Conseil d’Etat.

Malgré les difficultés administratives et les mauvaises nouvelles concernant ses proches au Pakistan, Saleem continue à s’investir dans la société qui l’accueille. Il participe à des compétitions inter-universités en badminton et finit une fois en demi-finale ; est exposé à l’Hôtel de Ville de Paris avec d’autres étudiants de France dans le cadre d’un concours organisé par l’Observatoire des Inégalités. Depuis septembre, il est hébergé chez un couple près de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne).

Pour des informations à propos de la situation au Pakistan :
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/pakistan/

Extraits : « L’offensive militaire d’envergure que mène l’armée pakistanaise dans le Nord Waziristan depuis juin 2014 (et qui est en cours actuellement) contre les groupes insurgés continue d’entraîner des conséquences sécuritaires sur l’ensemble du territoire. La menace terroriste est aujourd’hui la principale menace au Pakistan où, depuis 2007, les attentats terroristes ont coûté la vie à des milliers de personnes, frappant régulièrement de nombreux lieux publics. »

Participez au Sursaut Citoyen: #LaPreuveParNous

Voici une vidéo de David Durand-Delacre, fraîchement élu nouveau président de l’association, qui parle de Réfugiés Bienvenue au Sursaut Citoyen.

L’initiative « Sursaut Citoyen » vise à mettre en lumière toutes les actions menées sur le territoire français en faveur de l’accueil des personnes migrantes, et ainsi contrecarrer l’image de repli sur soi que les médias font circuler. Une cartographie de toutes ces initiatives a été mise en ligne (environ 800 initiatives recensées sur http://sursaut-citoyen.org/), qui permet de souligner de façon très visuelle que la France n’est pas un pays synonyme de fermeture des frontières et de mépris des droits de l’Homme, mais un pays d’accueil.

N’hésitez pas à consulter cette carte si vous cherchez une association auprès de laquelle vous engager dans votre région !