Le témoignage de Diane

« Je viens du Burundi et ça fait 4 ans que je suis arrivée en France. J’ai suivi tout le parcours de demandeuse d’asile, de réfugiée et maintenant je suis intégrée professionnellement. Même si je ne suis plus dans mon domaine, ici j’ai pu trouver un travail décent. A la base je suis journaliste. J’ai été poursuivie et menacée à cause de mon travail, et parce que mon mari était impliqué politiquement dans notre pays.

Ici je ne connaissais personne. J’appelais le 115 pour trouver un endroit où dormir et ce n’était pas simple. Mon assistante sociale m’a donné le contact d’Emile, Président de Réfugiés Bienvenue. On a parlé au téléphone et on s’est donnés rendez-vous au niveau de Châtelet. Je ne l’oublierai jamais ! Je m’attendais à voir quelqu’un de plus âgé et j’ai été impressionnée ! Parce que je me disais que quelqu’un qui s’engage dans une association et qui est Président, ça doit être quelqu’un de retraité. Tu vois les clichés que l’on se fait ?

Emile, qui à l’époque avait 21 ans, est venu avec un couple de jeunes : Adrien et Céline. C’était moi la plus vieille ! Ils m’ont dit qu’ils étaient prêts à m’accueillir chez eux, et cette chance est tombée sur moi. Je suis restée un an et ça s’est très très bien passé. Vraiment, ce sont des gens formidables ! On est encore un contact de temps et temps par Facebook mais ils sont repartis chez eux en Suisse pour travailler et finir leurs études. J’ai passé un an formidable, ils m’ont présenté toute leurs familles des deux côtés ! On faisait des fêtes ! J’ai jamais vu des gens qui t’accueillent sans te connaître. Qui te font autant confiance. Parce que quand ils partaient en vacances ils me laissaient la maison. Cela m’a montré qu’il existe des anges sur terre.

Mes enfants sont venus il y a deux ans. Maintenant j’habite vers Créteil. Là j’ai fait un an dans la petite enfance à la Croix Rouge. Ça s’appelle le Relais Parental. On accueillait les enfants de 0 à 15 ans pour qui, à un moment donné, les parents sont en difficulté. Aujourd’hui je suis toujours à la Croix Rouge mais on accueille les jeunes isolés étrangers.

Il y a une sorte d’appréhension pour héberger et c’est normal. Mais quand réellement on veut faire quelque chose de bien et qu’on le sent, je conseille de le faire en toute confiance. C’est vrai qu’il y a des personnes mal intentionnées, il ne faut pas se mentir. Mais il ne faut pas mettre en avant la négativité de la personne que tu as en face. Si on veut faire du bien, il faut le faire. C’est important. »

– Diane

Pas de place chez vous pour devenir hébergeur solidaire ? Agissez autrement ! Un don de 20€ correspond à une nuit de mise à l’abri pour un demandeur d’asile : https://www.helloasso.com/…/refugies-bienvenue/formulaires/1

« Réfugiés Bienvenue c’est carrément ma chance ! »

 Témoignage de Valentin, 42 ans :

« J’étais homme d’affaires en Côte d’Ivoire. Tout se passait pour le mieux, jusqu’à ce que commencent mes problèmes avec les autorités corrompues. J’ai alors dû tout quitter : mon pays et ma famille. C’est très dur d’arriver dans un nouveau pays où on a aucun soutien, où on est perdu. Réfugiés Bienvenue m’a aidé en me donnant un toit chez des hébergeurs qui ont fait plus que m’éviter la rue.

J’ai vécu plus d’un an chez eux jusqu’à ce que j’obtienne une protection subsidiaire en 2016 me permettant de travailler et d’être officiellement accueilli en France. Mes hébergeurs m’ont aidé à mettre de l’ordre dans mon dossier et m’ont permis de poser mon esprit pour faire les démarches. Maintenant c’est comme ma famille !

Je pense que l’hébergement est extrêmement important parce qu’il permet de savoir que l’on n’est pas seul, de survivre. Réfugiés Bienvenue c’est carrément ma chance ! On faisait tout ensemble avec mes hébergeurs et aujourd’hui on a gardé de très bons contacts : ils m’ont aidé à trouver un appartement pour que je puisse vivre seul.

J’ai travaillé en 2017 pour une structure sous traitante d’Engie avant de partir au Ghana deux mois pour revoir la famille. Là-bas mon père m’a donné des habits traditionnels de la noblesse ivoirienne comme cadeau pour remercier mes hébergeurs de l’aide qu’ils m’avaient fournie.

J’étais homme d’affaire dans mon pays et je compte bien l’être ici aussi ! Je cherche donc maintenant des financements pour lancer une entreprise d’import-export de produits de luxe africains à Montreuil et avec ça, permettre à ma famille de me rejoindre ici. Avec l’aide que j’ai reçue, je cherche à redonner la pareil. J’aide maintenant deux autres personnes à monter leurs dossiers et ce n’est qu’un début ! »

Vous aussi, devenez hébergeur: https://refugiesbienvenue.com/comment-participer/

Si vous ne pouvez pas héberger, engagez-vous autrement (20€ = une nuit de mise à l’abri pour un demandeur d’asile): https://www.helloasso.com/…/refugies-bienvenue/formulaires/1

« I’m in peace »

« Je m’appelle Tamin. Je suis arrivée en France le 5 juin 2018 depuis le Bangladesh. J’ai dû quitter mon pays après la réélection du gouvernement qui exerçait des pressions sur ma famille. Ayant passé mon entretien avec l’OFPRA, j’attends maintenant de recevoir la protection internationale.

J’ai rencontré les bénévoles de Réfugiés Bienvenue alors que je n’avais aucun foyer et que l’hiver approchait, fin novembre. Quelques jours plus tard j’ai commencé à vivre dans la famille de Sylvie qui disposait d’une chambre libre. Ça a été incroyable pour moi et ça a changé ma vie ! Ils m’aident beaucoup pour le français et je peux maintenant presque tout comprendre ! Désormais je suis en paix.

En plus de suivre des cours de français, je fais du babysitting. Une fois que j’aurai mon statut de réfugiée, je veux continuer mes études en effectuant un doctorat, ayant déjà un master en littérature anglaise. Mais aussi suivre des cours de cuisine !
Aujourd’hui toute prise de contact avec ma famille restée au Bangladesh est risquée, mais même si je ne connaissais personne ici, ça a été une bonne décision de partir. »

Nous espérons que le beau témoignage de Tamin inspire des nouveaux hébergeurs à ouvrir leur porte : https://refugiesbienvenue.com/comment-participer/

Pas de place chez vous ? Agissez autrement ! Un don de 20€ correspond à une nuit de mise à l’abri pour un demandeur d’asile : https://www.helloasso.com/…/refugies-bienvenue/formulaires/1

« J’ai pu emménager dans mon premier appartement à moi. Enfin ! »

« Je suis venue en France fin 2015 à cause de la guerre dans mon pays, la Syrie. J’ai eu de la chance : par le biais de Réfugiés Bienvenue, j’ai très rapidement pu rencontrer Rebecca, qui m’a ensuite hébergée pendant 3 mois à Paris. Puis j’ai vécu chez ses parents.

J’ai obtenu mon statut de réfugiée et ai été acceptée à l’université en Master professionnel de métiers du multimédia intéractif dès 2016. Je travaille désormais pour une entreprise de taille moyenne où je fais de l’UX et UI. Ça change de mon ancien métier d’architecte d’intérieur, mais le design digital m’intéressait donc ça me convient bien ! Et ça fait une semaine que j’ai pu emménager dans mon premier appartement à moi. Enfin ! »

– Témoignage de Maya, ancienne accueillie dans notre projet d’hébergement citoyen

« C’est un sourire permanent ! »

Laurent, sa femme et leurs enfants accueillent depuis longtemps Joel, réfugié, chez eux à Paris. Pour suivre leur exemple et devenir hébergeur, cliquez ici: https://refugiesbienvenue.com/comment-participer/
Peur de se lancer? Lisez leur témoignage inspirant :

« J’ai eu envie d’accueillir un réfugié à la maison après avoir vu une scène choquante à la frontière italo-française : des gendarmes coursaient des réfugiés dans la montagne. Je me suis alors souvenu de mes grands-parents qui étaient venus en France, et qui avaient été hébergés en France.
Entre nous, il y avait beaucoup de timidité au départ et puis progressivement, en mangeant ensemble, on a appris à se connaître. On est devenus proches, aujourd’hui il est quasiment un membre de la famille.
Avoir Joel à la maison, c’est un avoir un sourire permanent. Nous, on a tout, on est hyper privilégiés, confortablement installés, on ne manque de rien. Joel arrive sans rien et sourit. Il est heureux de vivre. Pour moi, qui suis un Français râleur, c’est une leçon incroyable. Du coup, j’ai envie de continuer à héberger. Je veux aider Réfugiés Bienvenue à faire ce travail d’intégration, parce que je vois aussi qu’avec une école et un foyer, l’intégration elle se fait parfaitement. »

– Laurent

« Je viens du Congo. J’ai quitté mon pays à cause de la guerre. J’avais vraiment envie de continuer mes études là-bas, mais je n’ai pas eu cette occasion. Quand je suis arrivé ici, j’ai fait une formation dans le domaine que j’aime et puis j’ai trouvé un contrat. J’ai vraiment retrouvé le sourire. Maintenant j’ai obtenu mon statut de réfugié. Laurent m’a beaucoup aidé pour trouver cette formation sur le numérique. Ça m’a beaucoup plu, je suis donc devenu développeur web. Je me suis formé à l’école Simplon.co pendant 7 mois. J’ai aussi trouvé un contrat pro en CDI chez BNP Paribas, c’est là où je travaille maintenant.
Comment je vois mon avenir ? Pourquoi pas devenir indépendant, c’est-à-dire trouver une maison ou un studio pour commencer ma vie en autonomie. Ensuite, trouver une femme et avoir des enfants, je rêve de ça ! »

– Joel

Je suis parti en vacances, j’ai prêté mon appartement à un réfugié

Ça faisait un moment que je préparais mon voyage en Amérique Latine. J’allais m’absenter deux mois de Paris. Je me suis dit que, pendant cette période, mon studio pouvait servir à quelqu’un dans le besoin. L’un de mes potes accueillait dans sa coloc Abdou, un réfugié de la Guinée Conakry. Il est super sympa, il a à peu près le même âge que nous. Je vais souvent chez eux pour des dîners ou des apéros, donc nous nous connaissions bien.

Ils m’avaient appris le fonctionnement de Réfugiés Bienvenue, qui marche un peu comme du Couchsurfing – un truc dont on a tous profité avec mes copains, ça dépanne pas mal quand on voyage ! Mais là, l’hébergement se fait dans des meilleures conditions et pour plus longtemps, puisque les demandeurs d’asile ont un sacré parcours et sont souvent très vulnérables. J’ai compris qu’ils ont besoin de retrouver un peu d’intimité et d’un temps pour se poser, pour avancer dans leurs démarches et se reconstruire psychologiquement.

Un soir, j’ai appris que le coloc qui avait prêté sa chambre à Abdou allait bientôt rentrer de son séjour à l’étranger, et que l’association recherchait quelqu’un pour prendre le relais en tant qu’hébergeur. J’étais chaud pour tester l’expérience moi aussi, me suis donc porté volontaire. 
Nous sommes allés nous balader et boire un verre tous les trois, Abdou, mon pote et moi, accompagnés par un bénévole de Réfugiés Bienvenue, pour que je leur montre les coins sympas de mon quartier. Ensuite, nous sommes allés visiter mon appartement. Abdou a emménagé le jour où je suis parti, et nous sommes restés en contact par texto pendant mon voyage. À mon retour, il m’a rendu les clés, tout était nickel.

Abdou a trouvé un boulot quelques semaines plus tard, ce qui aujourd’hui lui permet de vivre dans son propre appartement et ne plus dépendre des colocs ou des familles d’accueil. On se voit toujours, il fait désormais partie de notre bande d’amis ! Rencontrer un réfugié, partager son toit avec lui, c’est une expérience que je conseille à tout le monde.

– Ben, 30 ans

…Partants pour vous engager dans l’accueil des demandeurs d’asile en région parisienne? 😎 C’est super simple, suivez ce lien : https://refugiesbienvenue.com/comment-participer/

L’épopée de Shafat

J’étais étudiant en troisième année de médecine à Kohat au Pakistan en 2010 quand mon père, chef de la police de la ville, a été assassiné par des terroristes talibans parce qu’il refusait de coopérer avec eux. Avant cet événement, je vivais une vie « réussie » : j’étais un bon étudiant issu d’un bon milieu, étais populaire parmi mes camarades de promotion, m’engageais pour ceux qui, dans mon pays, avaient moins que moi. Je distribuais notamment de quoi manger aux pakistanais qui avaient fui les zones sous contrôle des groupes talibans pour se réfugier dans ma ville, avec USAid et Amnesty International.
A la suite de ce tragique événement, j’ai été à mon tour menacé par des terroristes et ai fui ma ville. Pendant deux ans, j’ai vécu caché, en changeant régulièrement de ville. J’ai été à Karachi, Peshawar, au Waziristan… J’avais très peur pour ma vie. Ma mère et mes deux sœurs, restées à Kohat, n’étaient quant à elle pas menacées car la grande majorité des groupes talibans ne s’attaquent jamais aux femmes. Ils sont capables de se montrer très respectueux vis-à-vis d’une femme dont ils comptent abattre l’époux la seconde d’après.

Puis, alors que j’étais persuadé d’avoir semé tout possible poursuivant, j’ai reçu une lettre m’informant que les terroristes responsables de la mort de mon père savaient où j’étais. J’ai décidé de fuir le pays immédiatement. J’ai payé une grosse somme d’argent pour obtenir un visa étudiant express pour Chypre, où j’ai travaillé comme serveur en discothèque, puis j’ai dû quitter le pays, mon visa expirant, et me suis rendu en Serbie, où je me suis fait voler argent et documents d’identité. Je suis tout de même parvenu à aller en Hongrie, au bout de deux semaines. Alors que je traversais la frontière à pieds, à travers la forêt, j’ai été arrêté par des policiers particulièrement brutaux et insultants, qui me menottèrent et me qualifièrent de « terroriste ». J’ai été en prison quelques jours à Budapest, puis ai été envoyé dans un camp de réfugiés qui ressemblait à une prison, dont l’on ne pouvait sortir que deux fois par semaine. Je m’en suis échappé pour me rendre en Autriche, où la police m’a cueilli à la sortie du train et m’a beaucoup aidé, me donnant de quoi manger (j’étais affamé) et m’habiller (j’étais transit). Puis je suis passé par l’Allemagne, la Suisse, et enfin suis arrivé en France. Il aurait été plus simple de vivre en Angleterre vu que je parlais déjà anglais, mais enfin je savais que c’était quasiment impossible de passer la frontière à Calais.

A Paris, j’ai été hébergé un temps chez un ami pakistanais avant de devoir vivre dans la rue, surtout dans le parc de Gare de l’Est. J’allais très mal à l’époque, j’étais très malade psychologiquement. J’étais hanté encore par la mort de mon père, déstabilisé de voir à quel point il était difficile d’être réfugié en France, pays des droits de l’Homme. Je voyais qu’il était très dur d’obtenir le statut de réfugié, que la procédure était longue, que le personnel administratif de la Préfecture, de l’OFII puis de l’OFPRA nous traitait souvent avec mépris et exaspération. J’ai eu la chance néanmoins d’être orienté vers le Centre Primo Levi pour être suivi par un psychiatre qui m’a accompagné pendant plus d’un an et m’a soigné. C’est là que j’ai été orienté vers Réfugiés Bienvenue.
J’ai été hébergé chez un Monsieur très gentil à Domont, de novembre 2015 à juin 2016. Je me suis mis à aller mieux. J’été extrêmement étonné qu’un parfait inconnu puisse m’accorder toute sa confiance. Ca a changé mon regard sur la France.

Pendant ce temps-là, des bénévoles de l’association me voyaient régulièrement pour discuter. Ils étaient très à l’écoute, alors que j’étais profondément dépressif. Je parlais souvent de suicide. Puis, j’ai obtenu une place dans un centre d’accueil et ensuite trouvé un travail comme manutentionnaire. Et enfin j’ai obtenu le statut de réfugié tant attendu.
Aujourd’hui je travaille dans le bâtiment et peux me payer un studio. Je contribue à l’économie française, mais pas que. J’écris des poèmes, dont deux ont été publiés dans la revue l’Allume-feu le mois dernier. Ecrire me fait énormément de bien. Ca a contribué à ma thérapie. C’est totalement différent de parler de ce qui ne va pas que de le poser sur le papier.
En parallèle, je suis toujours très engagé pour mon pays. Au sein du parti d’ImranKhan (PTI), le nouveau Premier ministre pakistanais progressiste, puisque je suis Vice-Président du PTI à Paris, mais aussi comme professeur d’anglais à distance pour des enfants de terroristes talibans abattus par l’armée pakistanaise. Il est important de ne pas en vouloir aux familles des terroristes, pour aller de l’avant et reconstruire le pays.

J’ai beaucoup changé de mentalité en venant en France. Par exemple, mon avis a complètement changé au sujet des Juifs, que je détestais avant, comme tout le monde au Pakistan à l’époque où j’y vivais. Après avoir été sauvé par Primo Levi, le contraire aurait été terrible. Plus généralement, j’ai compris que je ne pouvais juger personne simplement en raison de son appartenance à un quelconque groupe social, que ce soit en raison de sa religion, sa sexualité, son sexe… J’admire beaucoup la France, qui reste pour moi un pays des droits de l’Homme. Je distingue la mentalité des français, ouverts, progressistes et généreux pour la plupart, des agissements des gouvernements successifs du pays, qu’il s’agisse de la colonisation autrefois ou du mauvais accueil réservé par l’administration aux réfugiés. En revanche, s’il y a bien une chose à laquelle je ne me fais pas ici, et en Occident de manière générale, c’est le fait que les familles ne soient pas soudées, que les jeunes ne veuillent qu’une chose, partir au plus vite de chez leurs parents. Il n’y a pas de vraie notion de famille ici je crois. Et les vieux se retrouvent abandonnés, tristes. Je suis désolé de critiquer ce pays qui m’accueille et m’a sauvé la vie, mais de ce point de vue là il y a du progrès à faire. Le capitalisme a rendu les gens ouverts mais trop égoïstes. Et ça je le regrette.

Nous sommes toujours à la recherche d’hébergeurs pour des réfugiés comme Shafat. Ouvrez votre porte: https://refugiesbienvenue.com/comment-participer/
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Raimot résiste: portrait d’une ancienne accueillie

« J’ai compris que ce qu’il me fallait pour perfectionner mon français et me sentir entourée c’était de vivre en famille d’accueil, ce que j’ai pu faire par la suite, lorsque j’ai dû quitter le centre d’accueil pour demandeurs d’asile où je vivais (CADA). Je me sentais très très bien dans ces familles. Avant, alors que ça faisait déjà deux ans que j’étais en France, je n’arrivais pas à dire plus de deux-trois mots en français. Je n’osais pas m’exprimer dans cette langue, et puis comme je parlais anglais je pouvais m’en sortir au quotidien sans trop d’efforts. Désormais je parle bien français.

Je suis venue demander l’asile en France parce que dans mon pays, le Nigéria, ma vie était menacée. Parce que j’aime les femmes.
J’ai obtenu le statut de réfugiée après près de trois ans de procédures administratives et juridiques. Grâce à Réfugiés Bienvenue, j’ai gagné en confiance. J’allais à tous les événements qu’ils organisaient, pour rencontrer des gens, des français et des réfugiés.

Une fois mon statut obtenu, j’ai pu chercher un travail. Pendant près d’un an j’ai bossé comme cuisinière. En journée pour le Refugee Food Festival en faisant des extras, et le soir dans un hôtel Ibis. Les deux contrats n’étaient pas stables, mais j’étais sûre que l’une ou l’autre des entreprises allait finir par me proposer un CDI. J’ai donc cumulé deux jobs à plein temps. Ca a duré quelques mois, et finalement c’est le RFF qui m’a proposé un job pérenne, et je ne regrette pas d’y travailler encore aujourd’hui. J’adore mes collègues et la cuisine que nous proposons, qui est très variée. J’apprends tous les jours !
Maintenant, j’ai aussi mon appartement à moi, que j’ai pu aménager à mon goût, et je me sens vraiment bien dans ma vie ! »

Ouvrez votre porte à un demandeur d’asile comme Raimot en Ile-de-France: https://refugiesbienvenue.com/comment-participer/
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Waisuddin, élève de l’école Thot, raconte son expérience chez Réfugiés Bienvenue

« J’ai connu Réfugiés Bienvenue alors que je suivais une formation de français à l’école Thot. Je n’avais nulle part où habiter à ce moment-là, et je dormais la plupart du temps dans la rue. J’ai fini par en parler à Héloïse de l’école, car cette situation devenait de plus en plus difficile à supporter.
C’était l’hiver, il pleuvait souvent et surtout, il faisait très froid. J’avais beaucoup de mal à étudier. Héloïse m’a alors donné le numéro de Réfugiés Bienvenue. Je n’osais pas les appeler, car j’avais peur qu’ils me disent qu’il n’avait pas de solution à me proposer. J’attendais donc impatiemment qu’ils me contactent. Le jour où j’ai reçu leur appel, j’ai ressenti un immense soulagement.

Cette formation à l’école Thot et ma rencontre avec Réfugiés Bienvenue m’ont beaucoup aidé. Je me sens beaucoup mieux aujourd’hui, car j’ai enfin l’impression que je peux aller de l’avant. J’habite dans un appartement à Évry – Coucouronnes, que je partage avec une jeune femme, Dejin.
Tout se passe très bien, notamment parce que Aisa, le propriétaire des lieux, a fait en sorte que nous nous sentions comme chez nous. Je peux désormais cuisiner tous les jours, ce qui me rend très heureux, et je peux aussi me concentrer sur les prochaines étapes de mon parcours de demandeur d’asile avec plus de tranquillité. »

Waisuddin est accueilli dans le cadre du projet d’hébergement citoyen de Réfugiés Bienvenue depuis Décembre 2018. Il est suivi dans ses démarches juridiques, administratives et sociales, en plus que dans son apprentissage de la langue française, par nos partenaires de l’école Thot (http://www.thot-fle.fr/). Notre bénévole Louise est la référente pour sa cohabitation.

Réfugiés Bienvenue s’engage à soutenir les demandeurs d’asile comme Waisuddin sur la durée. Notre association travaille constamment pour mener à bien le re-hébergement de toutes les personnes que nous faisons déjà héberger au sein de notre réseau d’accueil. Le re-hébergement constitue pour nous une priorité, afin d’éviter que ces demandeurs d’asile soient contraints de retourner à la rue. En moyenne, les demandeurs d’asile et réfugiés statutaires bénéficient de notre programme pendant 10 mois, avant de prendre spontanément leur indépendance dans la plupart des cas.

Pour devenir hébergeur en Ile-de-France, c’est par ici:

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Catherine et JP hébergent Abia: « C’est vraiment facile d’accueillir »

Depuis Novembre, Catherine et JP accueillent chez eux Abia*, demandeuse d’asile guinéenne, militante politique de 26 ans. Voici leurs retours sur cette expérience de vie commune:

Au départ, je m’imaginais que c’était comme d’accueillir une amie, qu’on allait faire plein de trucs ensemble, visiter les musées, tout ça. Et puis je me suis rendue compte que ce n’est pas comme ça que ça se passe, que ce n’est pas le but. Abia était très timide, et surtout très malade, mais elle n’osait pas nous dire à quel point elle souffrait. Elle passait beaucoup de temps dans sa chambre, et ne parlait pas beaucoup. On est allé à Montmartre une fois, elle ne pouvait pas marcher cinq minutes sans devoir s’asseoir. Puis elle est partie quinze jours à l’hôpital, où elle a été très bien reçue par le personnel médical. Elle est revenue soignée et changée ! Je me suis rendue compte que j’avais été à côté de la plaque.

Paradoxalement, maintenant que je n’ai plus ces attentes, Abia passe beaucoup plus de temps avec nous, on échange bien plus, on est toutes les deux bien plus à l’aise ensemble, même si on n’a toujours pas été à la Tour Eiffel.

C’est vraiment facile d’accueillir. Le fait que Abia soit d’une excellente nature aide sûrement à penser cela, mais en tout cas c’est notre expérience. On sait qu’accueillir une personne réfugiée chez soi est assez exceptionnel, mais en réalité ça ne change pas grand-chose à notre vie. Ou alors uniquement dans un sens positif, vu qu’on apprend énormément à travers Abia sur la situation des migrants, en France et en Europe, et sur leur vie quotidienne.

– Catherine

En arrivant dans la maison de Catherine et JP, je souffrais vraiment beaucoup, mais je ne voulais pas me plaindre. Puis j’ai été à l’hôpital, où j’ai été très bien soignée et en revenant je ne pensais plus à mes douleurs, c’était plus facile à la maison. Maintenant quand Catherine n’est pas là, elle me manque beaucoup ! Maintenant, tout se passe bien, aussi avec Kafka et Lupo [chat et chien de la maison]. Maintenant que je vais mieux, je compte entreprendre des démarches pour reprendre des études de comptabilité ou de gestion, vu que j’ai déjà une licence dans le domaine de la finance. Je ne vais pas attendre d’avoir les papiers pour me lancer.

– Abia

Si vous aussi, vous souhaitez proposer un hébergement en Ile-de-France, c’est par ici.