Je suis réfugié, mais je paye mes impôts !

Ali Hassan* est venu du Pakistan suite à l’assassinat d’une partie de sa famille, et notamment de son père – commissaire de police – par les Talibans. Il a rapidement été hébergé par Réfugiés Bienvenue, en banlieue parisienne. Pendant près d’un an, il cohabite avec un Afghan dans un studio mis à disposition gratuitement par un couple de retraités. Si les premiers mois furent éprouvants, marqués par les souvenirs difficiles, la dépression et l’attente longue et désespérée d’une convocation devant l’OFPRA, la situation s’est nettement améliorée depuis qu’Ali Hassan a été embauché par un entrepreneur franco-pakistanais. Il travaille tous les jours comme gestionnaire d’un magasin dans la banlieue sud de Paris, est payé correctement et déclaré (les demandeurs d’asile en attente d’une réponse de l’administration ont le droit de travailler après neuf mois. Leur futur employeur doit obtenir l’accord de la DIRECCTE, une procédure dissuasive pour bien des employeurs mais pas pour celui d’Hassan). « Je suis réfugié, mais je paye mes impôts ! » tient-il à souligner.

Il attend toujours la réponse de l’administration concernant sa demande d’asile, et ce depuis 10 mois, mais le cœur est plus léger. « J’ai fait des études de médecine (interrompues par son départ), donc la gestion de magasin, je ne connaissais absolument pas. Mon français était mauvais, mais j’ai eu la chance qu’on me fasse confiance, et de pouvoir travailler aux côtés de personnes qui parlent couramment français. Ca m’a fait énormément progressé. » Et effectivement, Hassan ne parle plus que la langue de Molière.

Bien qu’il soit hébergé en CADA (Centre d’accueil pour demandeurs d’asile) depuis 9 mois, Ali Hassan continu à fréquenter les événements organisés par Réfugiés Bienvenue, où il présente souvent les poèmes qu’il écrit en pachto et traduit en anglais.

Depuis qu’il a un travail, Ali Hassan a retrouvé la force de s’engager : il est bénévole pour une association pakistanaise dont le but est d’accompagner les enfants dont les parents sont morts du fait du terrorisme ou de la guerre menée par l’armée dans le Nord du pays, ce afin d’éviter qu’ils ne deviennent eux-mêmes des Talibans. « Je communique avec les enfants et mes collègues par vidéo-conférence. Même d’ici, je veux travailler au retour de la paix dans notre pays. Je supporte le candidat Imran Khan aux prochaines élections législatives car j’espère qu’il va parvenir à ouvrir le Pakistan sur le monde et à combattre la corruption, l’une des causes de la colère des Pakistanais et donc du terrorisme. Je pense qu’il peut amener une réelle démocratie dans notre pays, comme celle que vous avez en Europe. »

Pour Ali Hassan, il est essentiel que les cultures dialoguent. Il prend pour exemple l’aversion qu’il avait auparavant pour les Juifs : « Avant je ne connaissais que ce qu’on nous racontait au Pakistan, mais en arrivant ici, j’ai été aidé par des Juifs (c’est d’ailleurs au sein du Centre Primo Levi -du nom du rescapé de la Shoah auteur de Si c’est un homme- qu’il est suivi psychologiquement et administrativement depuis son arrivée en France). J’ai vu que ce qui compte, c’est d’avoir bon coeur, d’être attentif à l’autre. Pas l’appartenance religieuse. »

« Souvent, quand je dis à des gens que je suis pakistanais, je vois bien qu’ils ont un peu peur. Mais j’espère, de par mon comportement, prouver que le Pakistan, ce n’est pas que les Talibans, tout comme la France, ce n’est pas que Marine Le Pen. »

*le nom a été modifié.

Ce sera toujours ma maison

« On est devenu comme une famille, franchement, elle m’a beaucoup aidé. » C’est avec ces mots qu’Abou, jeune malien, parle de Laurence, celle qui, avec son compagnon et ses trois jeunes enfants, l’a accueilli durant près d’un an à Houilles (Yvelines), jusqu’à ce qu’il obtienne le statut de réfugié en septembre 2016. « C’est aussi Laurence qui m’a trouvé un travail comme commis dans un restaurant à Chatelêt », continue-t-il. « J’ai commencé dès octobre, au début juste deux heures par jour, maintenant je fais de 6h30 à 12h, tous les jours sauf dimanche, ça me plaît bien. »

Abou a fui le Mali en raison des persécutions liées à son homosexualité. Avec l’association Réfugiés Bienvenue, il a d’abord été hébergé quatre mois chez un couple à Paris, avant d’être accueilli à Houilles. Il vit désormais dans une nouvelle famille à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis ). « Je suis très reconnaissant envers ces trois familles de Français. Maintenant j’espère que je vais réussir à trouver un plein temps pour pouvoir m’offrir un petit chez moi. »

« Le week-end passé j’étais dans la famille à Houilles, c’était les neuf ans du plus jeune. Je connais tout le monde, même les parents de Laurence, leurs amis. Quand j’ai quitté chez eux pour aller à Saint-Ouen, j’ai voulu rendre les clés mais Laurence m’a dit que non, je dois les garder, ça sera toujours ma maison, qu’on est une famille. Ca m’a fait très plaisir. »

C’est aussi grâce à ses premiers hébergeurs qu’Abou a appris à lire et écrire. « J’écris pas très bien, mais ça va, je peux envoyer des sms, lire des textes, ça se passe bien. »

Réfugiés Bienvenue permet à des demandeurs d’asile sans domicile d’être accueillis gratuitement chez des particuliers en Ile-de-France. La durée minimale d’hébergement est d’un mois. Tant que l’accueilli n’a pas trouvé de solution plus pérenne, l’association s’engage à le faire réhéberger, dans la limite des familles disponibles. L’association garantit également un suivi juridique et administratif par le biais d’associations partenaires. Pour héberger, vous pouvez nous contacter par ce formulaire.

 

Rencontrez Saleem, hébergé par RB

Arrivé en novembre 2015 en France, après un voyage éprouvant de plusieurs mois depuis le Pakistan, Saleem a été accueilli en décembre par une famille de l’association Réfugiés Bienvenue à Meudon (Hauts-de-Seine). En quelques mois, ses progrès en français furent fulgurants. Il fut d’ailleurs l’un des 25 sélectionnés parmi 300 candidats au programme de cours intensifs de français de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où il suit toujours des cours (niveau avancé).

Dès décembre, il devient bénévole aux Restos du Cœur. Deux fois par semaine, les vendredis et samedis, à Gare de l’Est puis à République, il prépare et sert des repas chauds aux plus démunis, parmi lesquels se trouvent principalement des migrants, comme lui.

Sa demande d’asile ayant été rejetée par l’administration (OFPRA), il tente un recours auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) mais son avocate omet de faire parvenir le recours à la Cour dans les délais impartis. Il tente actuellement un recours devant le Conseil d’Etat.

Malgré les difficultés administratives et les mauvaises nouvelles concernant ses proches au Pakistan, Saleem continue à s’investir dans la société qui l’accueille. Il participe à des compétitions inter-universités en badminton et finit une fois en demi-finale ; est exposé à l’Hôtel de Ville de Paris avec d’autres étudiants de France dans le cadre d’un concours organisé par l’Observatoire des Inégalités. Depuis septembre, il est hébergé chez un couple près de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne).

Pour des informations à propos de la situation au Pakistan :
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/pakistan/

Extraits : « L’offensive militaire d’envergure que mène l’armée pakistanaise dans le Nord Waziristan depuis juin 2014 (et qui est en cours actuellement) contre les groupes insurgés continue d’entraîner des conséquences sécuritaires sur l’ensemble du territoire. La menace terroriste est aujourd’hui la principale menace au Pakistan où, depuis 2007, les attentats terroristes ont coûté la vie à des milliers de personnes, frappant régulièrement de nombreux lieux publics. »

Réfugiés Bienvenue, acteur de la solidarité

Camille Gervais, présidente de Réfugiés Bienvenue, a pu parler de l’association et de la solidarité au Café Curieux dans le premier épisode de Voix Publique(s).

Voix Publique(s) est un projet de la ligue de l’enseignement de Paris, qui a pour but de donner à entendre celles et ceux dont la voix incarne l’engagement au quotidien, à l’approche des élections. Vous pouvez regarder les autres vidéos de la série ici.

Remerciements à notre ancien président

Réfugiés Bienvenue est une histoire de bonne volonté : l’association est née parce que quelqu’un a eu l’envie et le courage de partir, observer, écouter et s’imprégner des initiatives en faveur des demandeurs d’asile existantes en Europe, pour ensuite agir.

Réfugiés Bienvenue existe, surtout, parce que quelqu’un a osé passer de la prise de conscience, à la prise d’initiative. Emile a 22 ans et une grande âme. Notre fondateur, ami, et ancien président nous a appris que chacun a vraiment l’opportunité d’incarner le changement qu’il souhaite voir dans le monde, en nous offrant jusqu’à présent le plus précieux des dons : son engagement.

Pierre Fougerat a fait son portrait pour le journal Amnesty International Jeune. En le diffusant, nous cueillons l’occasion pour le remercier à nom de toute l’équipe et pour lui souhaiter bonne chance dans ses nouvelles aventures.

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Restons ensemble!

Réfugiés Bienvenue ne part pas en vacances: nous avons organisé une chasse aux oeufs de chocolat dans le parc de la Cité internationale universitaire de Paris . Cela a permis à un groupe de demandeurs d’asile de découvrir cette tradition française, et de nous raconter quelle est leur façon de fêter cette periode de l’année dans leurs pays d’origine. Les choses qui nous unissent sont beaucoup plus nombreuses que celles qui nous divisent!

 

Ciné-débat avec Réfugiés Bienvenue / AEGEE Paris – Moi, je suis avec la mariée

Venez assister avec nous à la première projection à Paris du film On the Bride’s Side (Moi, je suis avec la mariée).

Réfugiés Bienvenue et AEGEE Paris vous invitent à une soirée ciné-débat le mercredi 30 mars 2016 ! Elle aura lieu à 19h au Centre d’Animation Tour des Dames dans le 9ème arrondissement. Au programme:

19h – 19h30 : Présentation de l’association Réfugiés Bienvenue
19h30 – 21h : Projection du documentaire
21h – 22h : Débat (détails à venir)

Rejoindre l’événement sur facebook.

Réalisé par Antonio Augugliaro, Gabriele Del Grande, et Khaled Soliman Al Nassiry – deux journalistes italiens et un poète palestinien – On the Bride’s Side est un documentaire hors du commun. Il raconte l’histoire passionante, invraisemblable et pourtant vraie, d’un groupe de syriens et palestiniens fuyant la guerre. Ils parcourent 30 000 km entre l’Italie et la Suède grâce à un stratagème risqué : se faire passer pour un cortège nuptial, car qui s’aviserait de perturber des noces et de leur barrer la route vers ce qu’ils espèrent aller vers un meilleur lendemain ?

Voir la bande-annonce du film.

C’est une grande campagne de ‘crowdfunding’ de 60 jours qui a rendu ce voyage – et donc son récit en images – possible : 100,651€ levés en 60 jours grâce à 2617 donateurs !

INFOS PRATIQUES

Film en arabe et en italien, sous-titré en français.
Durée 1h29.

Centre d’Animation Tour des Dames
18 Rue de la Tour des Dames, 75009 Paris.
Mercredi 30 mars, 19h – 22h.

L’entrée est gratuite.
Capacité de la salle: 118 places – venez un peu en avance !

L’homme qui te ressemble

J’ai frappé à ton cœur,
Pour avoir un bon lit,
Pour avoir bon feu.
Pourquoi me repousser?
Ouvre-moi mon frère!

Pourquoi me demander
Si je suis d’Afrique,
Si je suis d’Amérique,
Si je suis d’Asie,
Si je suis d’Europe?
Ouvre-moi mon frère!

Pourquoi me demander
La longueur de mon nez,
L’épaisseur de ma bouche,
La couleur de ma peau,
Et le nom de mes dieux?
Ouvre-moi mon frère!

Je ne suis pas un noir,
Je ne suis pas un rouge
Je ne suis pas un jaune,
Je ne suis pas un blanc,
Mais je ne suis qu’un homme,
L’homme de tous les temps,
L’homme de tous les cieux,
L’homme qui te ressemble.

René Philombé