Regards sur l’ICE : lorsqu’un gouvernement d’extrême-droite donne carte blanche pour expulser les étrangers

Memorandum du 18 février 2026 du Department of Homeland Security sur la détention des réfugiés.

English version below

L’ICE sous le révélateur de Minneapolis

Fondée en 2003 à la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001, l’U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) est l’agence fédérale chargée de l’application des lois migratoires et douanières aux États Unis. Elle compte aujourd’hui plus de 20 000 agents répartis dans environ 400 bureaux à travers les Etats-Unis et à l’étranger.

Depuis plusieurs années, les politiques et pratiques de cette agence fédérale suscitent des critiques croissantes, notamment en raison de l’extension de ses opérations sur le territoire national. Cette controverse s’est accentuée ces derniers mois à Minneapolis dans le cadre de l’Opération Metro Surge, une initiative de l’ICE lancée en décembre 2025 vouée à cibler et expulser les immigrés en situation irrégulière via une vaste mobilisation d’agents fédéraux visant à appliquer les lois migratoires dans la région du Minnesota. Cette opération, soutenue par le Department of Homeland Security, en charge de la sécurité intérieure des Etats-Unis au niveau fédéral, a donné lieu à une des arrestations massives hors du cadre légal et constitutionnel américain, des violences policières, des expulsions illégales et des meurtres de manifestants non armés.

Alors que le durcissement de la politique migratoire des États-Unis sous le second mandat de Donald Trump suscitait déjà une forte opposition dans plusieurs États démocrates et faisait l’objet de nombreuses critiques d’organisations de défense des droits humains telles que Amnesty International et Human Rights Watch, les opérations menées par l’U.S. Immigration and Customs Enforcement à Minneapolis se sont déroulées dans un climat de tension particulièrement élevé, marqué par une mobilisation sans précédent des communautés locales. Des manifestations ont éclaté dès janvier, notamment à Minneapolis, ville traditionnellement progressiste et marquée par la présence d’une importante communauté somalienne, dénigrée à de nombreuses reprises par le Président Trump. C’est dans ce contexte qu’un agent de l’ICE a abattu Renée Good, une citoyenne américaine de 37 ans qui observait de manière pacifique les opérations en cours, alors qu’elle se trouvait dans son véhicule, provoquant une importante vague d’indignation nationale et même internationale. Moins de trois semaines plus tard, Alex Pretti, un infirmier de 37 ans également citoyen américain et lui aussi observateur pacifique, était à son tour tué par plusieurs agents de l’ICE ayant tiré sur lui alors qu’il était désarmé et au sol.

Ces événements, filmés en vidéo et partagés des millions de fois sur les réseaux sociaux, ont conduit à des demandes d’enquêtes indépendantes du parti Démocrate et à de nouvelles manifestations réclamant la fin immédiate des opérations fédérales, le respect de la constitution américaine et que les auteurs des tirs meurtriers soient arrêtés et poursuivis. Plus largement, elles ont apporté de l’eau au moulin de tous ceux qui, aux USA comme dans le reste du monde, expriment depuis longtemps de profondes inquiétudes quant à l’usage de la force dans la mise en œuvre des politiques migratoires.

Une politique anti-immigration au détriment des droits humains

Dans ce contexte de tensions accrues, le gouvernement américain a pourtant publié en février une note interne revendiquant une autorité élargie pour arrêter et placer en détention des réfugiés vivant aux États-Unis depuis plus d’un an sans avoir encore obtenu le statut de résident permanent légal (green card).

Cette approche confirme la volonté du gouvernement américain de poursuivre dans sa stratégie de lutte contre toutes les formes d’immigration, même celles légales et encadrées par le droit américain ou international. Depuis le retour au pouvoir de Trump en janvier 2025, cette politique entraîne une intensification des expulsions, un contrôle accru des étrangers, qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière, et crée un climat de crispation toujours plus fort aux Etats-Unis autour des questions migratoires.

Il convient ici de rappeler que les réfugiés sont des personnes auxquelles les États-Unis eux-mêmes ont accordé une protection après qu’elles aient démontré qu’elles fuyaient des persécutions dans leur pays d’origine en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leurs opinions politiques ou de leur appartenance à un certain groupe social, conformément à la définition posée par la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés. On est donc bien loin des « immigrés illégaux criminels » que Donald Trump et ses soutiens prétendaient uniquement cibler lorsqu’ils répondaient aux questions des journalistes sur la mission donnée à l’ICE.

On pourrait même aller jusqu’à rappeler que, migrants, réfugiés ou demandeurs d’asile, chacun, à l’exception des criminels, bénéficie théoriquement du droit de libre circulation et doit pouvoir voir ses droits respectés dans le pays d’accueil. L’article 13, paragraphe 1, de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 énonce ce principe fondamental :

« Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. »

Ce droit vise à assurer une base essentielle pour protéger la liberté et la dignité des personnes, et est censé guider l’action des autorités dans la mise en œuvre des politiques migratoires.

Ce droit fondamental est donc bien loin d’être respecté, d’autant plus que les accusations portées contre les agents de U.S. Immigration and Customs Enforcement sont écartées de manière quasi systématique au motif qu’ils bénéficieraient selon le gouvernement d’une forme d’immunité absolue. Celle-ci s’appliquerait même hors des cas où l’usage de la force est jugé proportionné ou conforme aux règles d’intervention comme lorsque des agents de l’ICE ont ouvert le feu sur des manifestants non armés, entraînant leur mort, même si cela ne repose sur aucune base juridique.

Parallèlement, des notes internes de l’ICE divulguées par l’Associated Press ont indiqué que certains agents se voyaient reconnaître la possibilité d’entrer dans des domiciles sur la base d’ordres administratifs plutôt que de mandats judiciaires traditionnels, en contradiction avec les protections constitutionnelles contre les perquisitions non raisonnables. En étendant ainsi les pouvoirs coercitifs de l’ICE, y compris la détention de réfugiés titulaires d’un statut légal en attente de résidence permanente, sans forcément disposer d’une base légale, Donald Trump a suscité un débat plus large sur les conditions dans lesquelles un gouvernement peut légitimement faire usage de la force et de ses pouvoirs d’enquête dans une société se voulant encore démocratique.

Expulser plus en sacrifiant le(s) droit(s)

En tant qu’État souverain, les Etats-Unis disposent d’un droit de souveraineté migratoire qui est considéré, notamment depuis le 11 septembre 2001, comme un outil de sécurité nationale.  Cette vision repose sur l’idée que l’État doit conserver le contrôle de ses frontières et encadrer de manière stricte les conditions d’entrée et de séjour des étrangers dans un contexte de montée des mobilités internationales et de préoccupations sécuritaires. L’ICE est présentée par la seconde administration Trump comme un outil indispensable de l’application des normes migratoires fédérales et, à ce titre, de la sécurité nationale. Cela s’est traduit par des objectifs chiffrés très ambitieux et la volonté affirmée d’atteindre ces objectifs par tous les moyens nécessaires ou presque.

L’objectif quotidien serait d’atteindre 3 000 interpellations chaque jour, dix fois plus que pendant le Mandat de Joe Biden qui avait expulsé environ 270 000 immigrés en 2024. Impossible d’atteindre ces chiffres en restreignant les opérations de l’ICE uniquement aux profils considérés comme présentant une menace grave. En conséquence, certains responsables ont déclaré que toute personne entrée illégalement sur le territoire sans papiers valides pouvait désormais être considérée comme « criminel étranger », même en l’absence de condamnation pour crime violent. De ma même manière, pour atteindre ces quotas, les agents de l’ICE sont visiblement encouragés à recourir à des méthodes d’interpellation plus agressives et  à faire un usage systématique de techniques de profilage racial (ou contrôles au faciès), en s’extrayant donc des normes constitutionnelles et du respect des droits fondamentaux.

Au-delà de l’usage de la force hors de tout cadre légal, l’expulsion des étrangers par l’ICE passe également par l’existence d’un vaste réseau de centres de détention (detention facilities). On en dénombre déjà plus de 200 sur l’ensemble du territoire américain, avec plusieurs projets de construction de méga centres déjà annoncés.

De part et d’autre de l’Atlantique

Ce durcissement de la politique migratoire aux États-Unis se produit au moment même où l’Europe continue elle aussi à adopter une approche toujours plus restrictive à l’égard des étrangers sous le prétexte de sécuriser les frontières face à la « pression migratoire ». 

Alors que les pays situés à la périphérie de l’espace Schengen, tels que l’Italie, la Grèce ou l’Espagne, déplorent toujours le manque de solidarité de leurs voisins européens pour faire face aux conséquences des flux migratoires sur leurs frontières maritimes, leurs garde-frontières comme l’agence européenne Frontex sont sous le feu des critiques pour leurs pratiques mettant en danger les personnes cherchant à rejoindre l’Europe.

L’opération italienne Mare Nostrum, a ainsi contribué à encourager les trafiquants à exposer la vie des migrants à de graves dangers. En 2015, le journal britannique The Guardian rapportait qu’au cours de la nuit du 27 mars, 72 personnes originaires d’Éthiopie, d’Érythrée, du Nigeria, du Ghana et du Soudan, dont 20 femmes et trois enfants, ayant perdu le contrôle du zodiac sur lequel ils avaient embarqué à destination de l’Italie, avaient réussi à contacter ONG à Rome, qui a alors alerté les garde-côtes italiens. Deux hélicoptères, dont un appartenant à l’armée italienne, ont alors survolé l’embarcation. L’un d’eux a largué des bouteilles d’eau et des biscuits avant de repartir mais aucun pays de la région n’a ensuite fourni d’assistance alors que la localisation du radeau était donc connue. Après 15 jours, seules dix personnes ont survécu.

Au moins 3 254 personnes ont trouvé la mort ou disparu en tentant de rejoindre l’Europe en 2025, selon l’Organisation Internationale pour les Migrations. Ces chiffres suivent chaque année une courbe croissante depuis l’intensification des contrôles aux frontières extérieures. Tout porte à croire que les décès aux frontières de l’Europe sont étroitement liés aux mesures d’interception mises en place par l’Union européenne. Outre le droit à la vie, ces contrôles effectués en amont de l’espace Schengen portent pourtant atteinte à plusieurs autres droits fondamentaux des personnes étrangères.

Hubs de retour hors de l’UE

Le jeudi 26 mars, l’adoption d’un nouveau texte approuvant le concept de « hubs de retour », des centres destinés à recevoir des migrants expulsés hors de l’Union européenne, a elle aussi suscité de très nombreuses critiques de la part d’ONG et d’eurodéputés de gauche.

Ce texte permettra aux États membres d’ouvrir des centres pour migrants dans des pays tiers, situés hors de l’UE, avec l’objectif d’y transférer, et potentiellement d’y détenir, des personnes dont la demande d’asile a été rejetée et qui font l’objet d’une obligation de quitter le territoire. Cette évolution était redoutée depuis plusieurs années et confirme les inquiétudes des organisations engagées pour la défense des droits humains au sein de l’Union Européenne.

Des deux côtés de l’Atlantique, les gouvernements semblent donc bien décidés à déconstruire le modèle hérité de la Convention de Genève et, plus largement, du droit international, pour restreindre à la portion congrue les protections accordées aux personnes exilées et migrantes. 


Sources utilisées :

Amnesty International. USA: Immigration detention and deportation – the human cost of ICE operations. 2025 – https://www.amnesty.org/en/documents/amr51/9029/2025/en/

Gelatt, Julia, and Kathleen Bush‑Joseph. Explainer: ICE Arrests and Deportations from the U.S. Interior. Washington, DC: Migration Policy Institute, février 2025 – https://www.migrationpolicy.org/sites/default/files/publications/mpi-interior-enforcement-explainer-feb2025_final.pdf

Zoom Zoom Zen. “ICE : l’agressive police de l’immigration de Trump qui divise les Américains.” Podcast, France Inter, 19 juin 2025 –https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/zoom-zoom-zen/zoom-zoom-zen-du-jeudi-19-juin-2025-6740735

“Aux États‑Unis, le renforcement historique des moyens de la police de l’immigration inquiète les défenseurs des libertés.” Le Monde, 9 juillet 2025 – https://www.lemonde.fr/international/article/2025/07/09/aux-etats-unis-le-renforcement-historique-des-moyens-de-la-police-de-l-immigration-inquiete-les-defenseurs-des-libertes_6620158_3210.html

Human Rights Watch. “US: Processing Freeze Scapegoats Immigrants, Asylum Seekers.” Human Rights Watch, 4 décembre 2025 – https://www.hrw.org/news/2025/12/04/us-processing-freeze-scapegoats-immigrants-asylum-seekers

Ramirez Uribe, Maria. “How ICE deports refugees and migrants despite years of good conduct.” Al Jazeera, 19 décembre 2025 – https://www.aljazeera.com/features/2025/12/19/how-ice-deports-refugees-and-migrants-despite-years-of-good-conduct

“Violences policières : l’ICE, le bras armé d’un nationalisme blanc décomplexé.” L’Humanité, janvier 2026 – https://www.humanite.fr/monde/etats-unis/violences-policieres-lice-le-bras-arme-dun-nationalisme-blanc-decomplexe

Schweber, Nate. “Anti‑ICE Protests and Activism Spread in the United States.” The New York Times, 14 janvier 2026 – https://www.nytimes.com/2026/01/14/us/ice-protests-activism.html

Brook, Jack. “Memo tells ICE officers they can enter homes without a judge’s warrant.” Associated Press, 21 janvier 2026. – https://apnews.com/article/ice-arrests-warrants-minneapolis-trump-00d0ab0338e82341fd91b160758aeb2d

U.S. Department of Homeland Security. DHS ICE memo 1‑21‑26, Document No. 26499371, 21 janvier 2026, DocumentCloud –https://www.documentcloud.org/documents/26499371-dhs-ice-memo-1-21-26/

Brook, Heather. “‘It’s time to start doing something.’ Despite risks of violence, Minnesotans step up to take on ICE.Reuters, 24 janvier 2026 – https://www.reuters.com/world/us/its-time-start-doing-something-despite-risks-violence-minnesotans-step-up-take-2026-01-24/

“Analyse. L’impunité de l’ICE, terreau de nouvelles violences aux États‑Unis.” Courrier international, 2 février 2026. – https://www.courrierinternational.com/article/analyse-l-impunite-de-l-ice-terreau-de-nouvelles-violences-aux-etats-unis_240000

Haddock, Kaleah, et Diana Roy. “ICE and Deportations: How Trump Is Reshaping Immigration Enforcement.” Council on Foreign Relations, 27 février 2026 – https://www.cfr.org/articles/ice-and-deportations-how-trump-reshaping-immigration-enforcement

Examining ICE: when a far-right government unleashes mass deportations

Under the Minneapolis spotlight

In the aftermath of 9/11, the U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) was founded in 2003 and constitutes the federal agency responsible for enforcing immigration and customs laws in the United States. Today, more than 20,000 agents operate across roughly 400 offices throughout the country and abroad.

Recent events in Minneapolis have brought the agency under intense scrutiny. A large-scale federal operation launched in late 2025 led to thousands of arrests, widespread protests, and the fatal shootings of two U.S. citizens, turning the city into a focal point of national controversy over immigration enforcement policies.

The policies and practices of this federal agency have faced growing criticism in the last years, particularly due to the expansion of its operations across the national territory. This controversy has emphasized in recent months in Minneapolis, in the context of Operation Metro Surge, an ICE-led initiative launched in December 2025 aimed at identifying and deporting undocumented immigrants through a large-scale mobilization of federal agents tasked with enforcing immigration laws across Minnesota.

Supported by the Department of Homeland Security (DHS), the federal body responsible for domestic security, the operation has sparked major legal and political backlash. It has been associated with mass arrests, aggressive enforcement actions, and serious allegations of constitutional violations, including unlawful detention and excessive use of force. The operation also drew national outrage following the fatal shootings of two civilians, which triggered widespread protests and calls for accountability.

As the toughness and tightening of the U.S. immigration policy under Donald Trump’s second term was already generating strong opposition across several Democratic led states, and drawing sustained criticism from human rights NGOs such as Amnesty International and Human Rights Watch, ICE operations in Minneapolis unfolded in an unprecedented and tense climate, marked by the growing mobilization of local communities.

Protests arose as early as January, particularly in Minneapolis, a traditionally progressive city with a large Somali community, which had been repeatedly targeted by President Trump’s rhetoric. It was in this city that an ICE agent fatally shot Renée Good, a 37-year-old U.S. citizen who had been peacefully observing ongoing operations from her vehicle, sparking widespread national and international outrage. Less than three weeks later, Alex Pretti, a 37-year-old nurse and U.S. citizen who was also observing and documenting the protests, was in turn killed by federal agents during a confrontation. Video footage of the incident, widely circulated online, intensified public anger and further fueled protests against ICE’s enforcement practices.

An anti-immigration policy at the expense of Human Rights

In a context of growing tensions, the U.S. government issued an internal memorandum in February asserting expanded authority to arrest and detain refugees who have been living in the United States for more than a year without yet obtaining lawful permanent resident status (a “green card”). This approach confirms the U.S. government’s determination to pursue a strategy aimed at limiting all forms of immigration, including those that are legal and protected under domestic or international law. Since Donald Trump’s second mandate, this policy has led to an intensification of deportations, increased surveillance of foreign nationals, whether documented or undocumented, and has contributed to a climate of tension across the country surrounding migration issues.

It should be crucial to remind that refugees are individuals whom the United States itself has granted international protection after they demonstrated that they were fleeing persecution in their country of origin on the basis of race, religion, nationality, political opinion, or membership in a particular social group, in accordance with the definition set out in the 1951 Geneva Convention relating to the Status of Refugees. This is therefore far removed from the so-called “criminal illegal immigrants” that Donald Trump and his supporters claimed to be exclusively targeting when responding to journalists’ questions about the mission assigned to ICE.

Migrants, refugees, and asylum seekers alike, except for individuals convicted of crimes, are, in principle, entitled to freedom of movement and must have their rights respected in the host country. Article 13(1) of the 1948 Universal Declaration of Human Rights states this fundamental principle:

Everyone has the right to freedom of movement and residence within the borders of each state

This right is intended to provide an essential foundation for the protection of individual freedom and dignity and is meant to guide the authorities in the implementation of migration policies.

This fundamental right is therefore far from being observed, particularly as allegations against the U.S. Immigration and Customs Enforcement agents are almost systematically dismissed on the grounds that they allegedly benefit from a form of absolute immunity, according to the government. This immunity would apply even in cases where the use of force is deemed disproportionate or inconsistent with established rules of engagement, such as when ICE agents opened fire on unarmed demonstrators, resulting in their deaths, despite the absence of any clear legal basis for such actions.

Yet, leaked internal ICE memoranda reported by the Associated Press indicate that certain agents are authorized to enter private residences based on administrative warrants rather than traditional judicial warrants, in contradiction with constitutional protections against unreasonable searches and seizures.

By expanding ICE’s coercive powers, including the detention of refugees holding legal status while awaiting permanent residency without necessarily a clear legal foundation, Donald Trump has triggered a debate over the conditions under which a government may legitimately exercise force and investigative powers within a society that still claims to be democratic.

More deportations less Right(s)

As a sovereign state, the United States possesses migratory sovereignty, a prerogative that has been increasingly framed, particularly since 9/11, as an instrument of national security. This perspective is based on the idea that the state must retain strict control over its borders and regulate the conditions of entry and residence of foreign nationals, in a context marked both by the intensification of global mobility and heightened security concerns.

As such, Immigration and Customs Enforcement is presented, notably under the second Trump administration, as a central instrument for the implementation of federal immigration policy and, by extension, of national security. This approach has translated into the establishment of highly ambitious numerical targets, alongside an explicit political willingness to achieve them by all means deemed necessary.

It has been reported that daily targets may reach up to 3,000 arrests, a figure significantly higher than under Joe Biden’s administration, which carried out approximately 270,000 deportations in 2024. Consequently, it seems difficult to meet such objectives by limiting ICE operations solely to individuals considered to pose a serious threat. As a result, some officials have reportedly advanced a broadened interpretation of “criminal alien,” under which any individual unlawfully present in the country may be treated as a criminal offender, even in the absence of a conviction for a violent crime.

Similarly, in order to meet these quotas, ICE agents are alleged to be encouraged to adopt more aggressive enforcement tactics, as well as to rely systematically on racial profiling practices, raising concerns about compliance with constitutional standards and fundamental rights protections.

Beyond enforcement practices, deportation policy also relies on an extensive network of immigration detention centers. There are already more than 200 facilities across the United States, with several plans announced for the construction of large-scale “mega-detention centers,” reflecting an ongoing expansion and consolidation of the immigration detention infrastructure.

On both sides of the Atlantic

As long as the US migration policy has been tightening, Europe has also been continuing to adopt an increasingly restrictive approach towards foreign nationals, under the pretext of securing its borders under the so-called “migration pressure.”
While countries located on the periphery of the Schengen Area, such as Italy, Greece, and Spain, continue to complain the lack of solidarity from their European partners in addressing the consequences of migratory flows on their maritime borders, their coast guards, as well as the European border agency Frontex, have come under heavy criticism for practices that allegedly endanger people attempting to reach Europe.

The Italian operation Mare Nostrum has thus been said to have contributed to encouraging smugglers to put migrants’ lives at risk. In 2015, The Guardian reported that on the night of March 27, 72 people from Ethiopia, Eritrea, Nigeria, Ghana, and Sudan, including 20 women and three children, who had lost control of the dinghy and had boarded en route to Italy, managed to contact an NGO in Rome, which then alerted the Italian coast guard. Two helicopters, one of them belonging to the Italian military, flew over the vessel. One dropped water bottles and biscuits before leaving, but no country in the region subsequently provided assistance, even though the raft’s location was known. After 15 days, only ten people survived.

At least 3,254 people died or went missing while attempting to reach Europe in 2025, according to the IOM. These figures have shown an upward trend year after year, following the intensification of border controls at the EU’s external borders. All indications suggest that deaths at Europe’s borders are closely linked to security measures implemented by the European Union. Beyond the right to life, these pre-border control practices also infringe upon several other fundamental rights of foreign nationals.

EU return hubs, detention centers outside the European Union

On March 26, the adoption of a new text approving the concept of “return hubs”, centers intended to host migrants expelled outside the European Union, also triggered widespread criticism from NGOs and left-wing Members of the European Parliament.
The text will allow Member States to establish migrant centers in third countries outside the EU, with the purpose of transferring, and potentially detaining, individuals whose asylum applications have been rejected and who are subject to a return order. This development had been feared for several years and confirms the concerns raised by human rights organizations within the European Union.

On both sides of the Atlantic, governments therefore appear determined to dismantle the model inherited from the Geneva Convention and, more broadly, from international law, in order to significantly curb the protections granted to exiled and migrant people.