Un nouveau départ pour Aissatou

Agnès et sa famille souhaitent partager cette photo d’Aissatou*, qu’ils accueillent dans leur maison à Malakoff depuis Janvier. Avant de vivre chez eux, cette jeune femme de 22 ans dormait dans un bois de la banlieue parisienne. Maintenant, elle apprend à lire et à écrire, et a retrouvé le sourire.

Catherine et JP hébergent Abia: « C’est vraiment facile d’accueillir »

Depuis Novembre, Catherine et JP accueillent chez eux Abia*, demandeuse d’asile guinéenne, militante politique de 26 ans. Voici leurs retours sur cette expérience de vie commune:

Au départ, je m’imaginais que c’était comme d’accueillir une amie, qu’on allait faire plein de trucs ensemble, visiter les musées, tout ça. Et puis je me suis rendue compte que ce n’est pas comme ça que ça se passe, que ce n’est pas le but. Abia était très timide, et surtout très malade, mais elle n’osait pas nous dire à quel point elle souffrait. Elle passait beaucoup de temps dans sa chambre, et ne parlait pas beaucoup. On est allé à Montmartre une fois, elle ne pouvait pas marcher cinq minutes sans devoir s’asseoir. Puis elle est partie quinze jours à l’hôpital, où elle a été très bien reçue par le personnel médical. Elle est revenue soignée et changée ! Je me suis rendue compte que j’avais été à côté de la plaque.

Paradoxalement, maintenant que je n’ai plus ces attentes, Abia passe beaucoup plus de temps avec nous, on échange bien plus, on est toutes les deux bien plus à l’aise ensemble, même si on n’a toujours pas été à la Tour Eiffel.

C’est vraiment facile d’accueillir. Le fait que Abia soit d’une excellente nature aide sûrement à penser cela, mais en tout cas c’est notre expérience. On sait qu’accueillir une personne réfugiée chez soi est assez exceptionnel, mais en réalité ça ne change pas grand-chose à notre vie. Ou alors uniquement dans un sens positif, vu qu’on apprend énormément à travers Abia sur la situation des migrants, en France et en Europe, et sur leur vie quotidienne.

– Catherine

En arrivant dans la maison de Catherine et JP, je souffrais vraiment beaucoup, mais je ne voulais pas me plaindre. Puis j’ai été à l’hôpital, où j’ai été très bien soignée et en revenant je ne pensais plus à mes douleurs, c’était plus facile à la maison. Maintenant quand Catherine n’est pas là, elle me manque beaucoup ! Maintenant, tout se passe bien, aussi avec Kafka et Lupo [chat et chien de la maison]. Maintenant que je vais mieux, je compte entreprendre des démarches pour reprendre des études de comptabilité ou de gestion, vu que j’ai déjà une licence dans le domaine de la finance. Je ne vais pas attendre d’avoir les papiers pour me lancer.

– Abia

Si vous aussi, vous souhaitez proposer un hébergement en Ile-de-France, c’est par ici.

Intervention de Emile le Menn sur Bourdin Direct (RMC)

Emile Le Menn, l’un des co-fondateurs de Réfugiés Bienvenue, intervenait ce matin sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Il a fait valoir le travail de l’association et tenté de s’adresser à des hébergeurs potentiels.

Il s’est exprimé en faveur de la proposition du député LREM Aurélien Taché d’accorder un crédit d’impôt de 150 euros par mois aux familles qui hébergeraient un réfugié (au même titre que les familles dans lesquelles des enfants sont placés reçoivent une contribution de l’Etat). De nombreuses familles qui ont hébergé avec notre association sont en effet elles-mêmes en difficultés financières, ce qui rend moins pérenne et efficace l’hébergement et la remise d’aplomb des personnes accueillies.

Cependant, nous regrettons grandement que cette proposition ne concerne que les réfugiés ayant déjà obtenu leur statut, et non les demandeurs d’asile, notre public prioritaire. Ces derniers sont, comparativement aux réfugiés statutaires, encore plus démunis, puisqu’ils n’ont pas le droit ni de travailler, ni d’être accueillis dans des structures sociales classiques, des milliers finissant à la rue quotidiennement. Nous regrettons aussi que ce crédit d’impôt ne soit pas plus conséquent, et même qu’il ne consiste pas plutôt en un dédommagement directe, comme cela se fait dans certaines villes d’Allemagne.

Nous nous opposons aussi vivement aux propositions du Ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, qui visent à durcir les conditions de vie des personnes déboutées du droits d’asile ou « Dublinées » (c’est-à-dire les personnes étant passées par un autre pays de l’Union européenne avant de demander l’asile en France). La loi proposée prévoit notamment d’assigner les personnes Dublinées à résidence et d’allonger les durées de rétention de ces personnes avant qu’elles ne soient expulsées

Abdoulaye, un réfugié guinéen, vit avec dans une collocation à Paris

Merci à Abdoulaye, réfugié guinéen, et ses hébergeurs de l’association Réfugiés Bienvenue, d’avoir accepté de témoigner pour RMC et BFMTV hier soir. Nous espérons que cela saura motiver d’autres personnes à ouvrir leurs portes à des demandeurs d’asile dans la détresse!

Pour voir le reportage:
http://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/abdoulaye-un-refugie-guineen-vit-avec-dans-une-collocation-a-paris-1038063.html

« Tant que tu te tiens debout, tends à la main à ceux qui sont tombés »

Il y a un an et demi, Anusha a du quitté l’Afghanistan avec ses deux fils. Quand ils ont contacté notre association, ils vivaient dans un hôtel qu’ils n’avaient plus les moyens de payer. Anusha et son plus jeune fils ont été hébergés par un jeune couple, Aimé et Merry, alors que le frère ainé a été acueilli par un réfugié qui avait été précédemment hébergé par Réfugiés Bienvenue. Après avoir obtenus leur statut de réfugiés, ils ont emménagé tous ensemble il y a deux semaines dans un appartement en banlieue parisienne.

Pour les hébergeurs, cette expérience fut unique en son genre :

« Les langues différentes, leur situation incertaine, leur vécu traumatisant et une culture éloignée ont pu à des occasions créer de la confusion. Chacun d’entre nous a dû faire des efforts pour que tout le monde se sente chez soi. Nous avons aussi pu nous plonger dans toutes les démarches administratives et ses incohérences pour accompagner nos convives. Finalement, nous avons été enrichis humainement de cette expérience et nous sommes satisfaits d’avoir aidé concrètement cette famille. Les liens, presque familiaux, que nous avons tissés nous lient durablement et nous continuons à nous voir régulièrement. »

Pour Anusha et sa famille, cette rencontre a changé leur vie :

« Aimé et Merry nous ont accueilli chez eux, et nous ont permis de croire que nous étions chez nous. Ils nous ont donné de l’amour, nous avons ri ensemble, cuisiné ensemble, mangé ensemble, regardé des films… Nous avons passé beaucoup de très beaux moments en leur compagnie.

Le plus dur fut de faire nos adieux. Après cinq mois de vie commune, nous étions tous remplis d’émotion. Nous ne nous quittons pas vraiment, nous nous reverrons. Car un lien fraternel lie désormais nos deux familles, et tout ce qu’ils ont fait pour nous, pour ma famille, nous a surpris et touché. Nous ne savons pas comment les remercier.

Si Dieu le veut, un jour, notre vie nous mènera vers des moments plus prospères, et si ce moment vient, ma famille essaiera au possible de leur rendre la pareille. Dans ma langue, le dari, nous avons un proverbe qui dit : « Tant que tu te tiens debout, tends la main à ceux qui sont tombés (چو ايستاده ئى دست افتاده گير) »

Après 15 mois d’hébergement, Binta a pu prendre son indépendance

Arrivée en Belgique il y a cinq ans alors qu’elle était encore mineure, c’est finalement à Paris que Binta, guinéenne, obtînt le statut de réfugié, quatre ans plus tard. Hébergée à Paris et à Sainte-Geneviève-des-Bois pendant 15 mois par des familles du réseau Réfugiés Bienvenue avant de pouvoir prendre son indépendance, Binta a repris des études pour devenir secrétaire médicale.

En parallèle, elle travaille dans un restaurant africain et comme coiffeuse. Avant d’avoir le droit de travailler, cette jeune femme courageuse s’est engagée bénévolement au sein du service municipal de la Jeunesse de Sainte-Geneviève-des-Bois mais aussi à la Croix-Rouge.

Nous sommes très heureux de ses réussites et stupéfaits par sa volonté !

Tha témoigne: «J’ai beaucoup de chance d’être ici!»

Après deux ans passés en France, Tha – qui a eu la chance d’être hébergé au sein de deux familles du réseau Réfugiés Bienvenue, à Paris et Pontoise – a obtenu le statut de réfugié. Il travaille désormais en cuisine dans le restaurant végétarien d’Olivier, qui est aussi l’un des hébergeurs les plus assidus de notre réseau.

«Quand je finis le service vers une heure du matin, je mets à peu près trois heures pour rentrer à Pontoise chez Klod (son hébergeuse). C’est pas très pratique, mais ça me va comme ça. J’aime le travail, j’aime ma maison… Je vais continuer un peu comme ça, économiser, puis j’irai vivre à la montagne. C’est plus calme, moins pollué, moins cher, et surtout si beau. Ca m’apaise beaucoup. J’ai beaucoup de chance d’être ici !»

Dans la rue, Proscovia se sentait invisible. Plus maintenant.

Proscovia est venue de Tanzanie en France en 2014. Après trois ans de procédure, le statut de réfugié lui a été octroyé en juin dernier. Elle qui n’avait jamais été à l’école et parlait uniquement swahili a appris à maîtriser l’anglais et le français. Après avoir vécu en monastère, puis à la rue, elle s’occupât de la petite fille d’une mère célibataire qui l’accueillît chez elle. Aujourd’hui, elle travaille à mi-temps en hôpital tout en se préparant aux concours lui permettant de devenir aide-soignante:

« Avant, quand j’étais dans la rue, c’est comme si j’étais dans une pièce pleine de gens, mais coincée derrière les rideaux. Je peux entendre et voir tout le monde mais je suis invisible, je sers à rien, je compte pour personne. Maintenant je suis super heureuse. C’est une nouvelle Proscovia, j’apprends des choses tous les jours, je me fais des amies. Pas que des réfugiées. Des gens qui pensent différemment. Je m’améliore ! »

Réfugiés Bienvenue officialise son partenariat avec Airbnb

Le 20 juin, Airbnb a lancé la plateforme Open Homes pour permettre à ses hôtes d’héberger des demandeurs d’asile et réfugiés, en collaboration avec plusieurs associations, dont Réfugiés Bienvenue.

Le partenariat Réfugiés Bienvenue – Airbnb est né il y a plusieurs mois et a permis à plusieurs personnes d’être hébergé pour des longues périodes chez des hôtes Airbnb.

Ci-dessous une vidéo de témoignages de certains de ces hôtes Airbnb devenus hébergeurs avec Réfugiés Bienvenue.

Interview sur RCF: héberger avec Réfugiés Bienvenue

Margritt Clouzeau, responsable du pôle hébergement de Réfugiés Bienvenue jusqu’en mai de cette année, est passée sur « Les Bonnes Ondes », émission animée par Vincent Belloti sur RCF. L’occasion parfaite de présenter notre action en détail: les modalités de l’hébergement et l’action d’accompagnement de l’association.

Son intervention a été suivie du témoignage de André qui, avec sa femme, a hébergé un demandeur d’asile guinéen chez lui pendant plusieurs mois. Il parle des échanges, moments partagés et surprises qui ont ponctué leur cohabitation, des réactions de ses amis et proches, de leur relation amicale qui continue encore, bien que l’hébergement soit terminé