Campement de mineurs non accompagnés à Paris : nous dénonçons l’incompréhensible inaction des responsables politiques

Communiqué signé par 94 personnes et organisations, dont Réfugiés Bienvenue.

Le 29 juin dernier, il y a un mois maintenant, une centaine de mineurs non accompagnés se sont installés sous des tentes au square Jules Ferry, près de République, afin de rendre visible leur situation de laissés pour compte par les conseils départementaux et l’État. Cinq associations – Les Midis du MIE, La TIMMY – Soutien aux Mineurs Exilés, Médecins Sans Frontières, le Comede et Utopia 56 – les soutiennent dans cette démarche.

Malgré leurs alertes, 30 jours plus tard, l’État semble refuser le dialogue qui permettrait de trouver une solution conjointe avec la Mairie de Paris pour prendre en charge ces jeunes dans des dispositifs adaptés avec des moyens financiers étatiques renforcés. Nous, associations et collectifs d’aide aux personnes exilées et aux enfants en danger, élu⋅es, sommes indigné⋅es d’une telle volonté d’inaction.

Ces jeunes particulièrement vulnérables sont ignorés

Il est incompréhensible que ces jeunes, tous en recours auprès du juge des enfants pour faire valoir leur minorité, soient encore laissés à la rue après un mois. Ils devraient bénéficier de la présomption de minorité et donc être protégés par l’Aide Sociale à l’Enfance. Ils veulent aller à l’école, faire des projets d’avenir, vivre une vie d’adolescent « normal ». Au lieu de quoi, ils dorment dans la rue, sous des tentes, et personne ne peut leur dire pour combien de temps. Ces adolescents, séparés de leurs familles, seuls sur le territoire français, sans accès à aucune aide, à aucun endroit où dormir, sont sciemment laissés dehors par les conseils départementaux.

Le déni des responsables politiques doit cesser : l’évaluation de minorité ne repose sur aucun élément fiable et est faite à charge

Il est incompréhensible que la situation de ces jeunes soit une fois de plus immobilisée par un vide juridique. Suite au rejet de leur minorité par les autorités départementales au terme de procédures d’évaluation de l’âge dysfonctionnelles et inadaptées aux vulnérabilités de ces jeunes, plus de la moitié d’entre eux sont finalement reconnus mineurs par le juge des enfants. Pourquoi, alors, leur faire subir des démarches longues et difficiles durant lesquelles ils n’ont accès ni aux aides pour majeurs, ni à la protection de l’Aide Sociale à l’Enfance ? Les situations inextricables comme celles des jeunes du square Jules Ferry doivent cesser.

Nous demandons une prise en charge immédiate et adaptée pour ces jeunes

Ces jeunes sont tous vulnérables, épuisés, isolés : il est urgent qu’une prise en charge adaptée leur soit proposée. L’inaction doit cesser, le déni aussi : ces jeunes doivent être considérés comme mineurs jusqu’à la fin de leur recours, et tout doute doit leur bénéficier. Un accompagnement spécifique est donc nécessaire, et le simple renvoi vers les dispositifs pour majeurs ne constitue pas une réponse.

Tous les conseils départementaux de France doivent ouvrir un dispositif pour les mineurs non accompagnés en recours et éviter ainsi de les laisser en errance et en danger. Paris doit montrer l’exemple en créant le premier dispositif et protéger immédiatement les mineurs du campement de Jules Ferry.

Paris, le 29 juillet 2020

Les 94 signataires :
Aude ABOUKHATER, Avocate Barreau de Paris ; ACORT – Assemblée Citoyennes des Originaires de Turquie ; Action contre la Faim ; Act Up – Paris ; ADJIE – Accompagnement et Défense des Jeunes Isolés Étrangers ; ADMIE – Association pour la Défense des Mineurs Isolés Étrangers ; ADSF – Association pour le Développement de la Santé des Femmes ; AFVS – Association des Familles Victimes du Saturnisme ; Assiette Migrante ; ASQP – Agir solidairement pour le quartier Popincourt ; Bagagérue ; Esther BENBASSA, Sénatrice écologiste de Paris ; Josine BITTON, Avocate Barreau de Seine-Saint-Denis ; Caravane de Dune ; Case de Santé « ça se visite ! » ; Centre Primo Levi ; La Chorba ; La Cimade – Ile-de-France ; CISPM – Coalition internationale des Sans Papiers et Migrants ; CIVCR – Collectif Ivryen de Vigilance Contre le Racisme ; Collectif de soutien de l’EHESS aux sans-papiers et aux migrant-e-s ; Collectif RESF MIE 92 ; Collectif Solidarité Migrants Wilson ; Collectif de soutien de l’EHESS aux sans-papiers et aux migrant-e-s ; Collectif TRACES ; Collectif Vigilance pour les Droits des Étrangers Paris 12ème ; Créteil Solidarité ; CSP75 ; Dessins sans papiers ; Disco Fugees x Disco Soupe ; Marion DODIER, avocate au Barreau de Seine-Saint-Denis ; Droit à l’école ; Droit au Logement ; Ecole Thot ; Emmaüs France ; Encrages ; États Généraux des Migrations Paris ; Exils Intra-Muros ; FASTI – Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s ; FCPE 92 ; FCPE 94 ; FAS – Fédération des Acteurs de la Solidarité ; Fédération des Espaces Santé Jeunes ; Fédération SUD Santé Sociaux ; Francas d’Ile de France ; FTCR – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives ; Femmes de la Terre ; Génération.s Val-de-Marne ; La Gamelle de Jaurès ; Le GISTI – Groupe d’Information et de Soutien aux Immigrés ; G.R.E.F – Groupement des Educateurs Sans Frontières ; Groupe écologiste du 11ème ; Groupe écologiste de Paris ; Habitat Cité ; HopHopFood ; Human Rights Watch ; Isabelle ROTH, Avocate Barreau de Paris ; Jardin partagé Truillot ; Kabubu ; Kali ; Laboratoire écologique Ø déchet ; LDH Paris – Ligue des Droits de l’Homme ; Anne LASSALLE, Avocate Barreau de Seine- St-Denis ; Le CATRED ; Catherine LE DU, Psychologue clinicienne, Bobigny ; Frédérique LENDRES, Avocate au Barreau de Paris ; Julie MAIRE, Avocate Barreau de Paris ; Héloïse MARICHEZ, Psychologue clinicienne, Bobigny ; Médecins du Monde ; Migrations Santé France ; Migr’ACTION 79 ; Mouvement Utopia ; MRAP ; Paris d’Exil ; Pauline LEFEBVRE, Pédopsychiatre, Bobigny ; Planning familial ; Réfugiés Bienvenue ; Réseau 92 Nord ; RESF – Réseau Éducation Sans Frontières ; Safe Passage ; Sang pour sans ; SDJ Solidarité agir ensemble ; Secours Catholique – Délégation de Paris ; Danielle Simonnet, Conseillère de Paris Décidons Paris / France insoumise ; Solidarité Jeunes Étrangers 92 ; SOS Hépatites ; Thanks for Nothing ; Union Départementale CGT de Paris ; l’Union syndicale Solidaires ; United Migrants ; Villa Mais d’Ici ; Watizat ; 60 AdaDa

Réfugiés Bienvenue au temps du COVID-19

En ces temps difficile, Réfugiés Bienvenue vous donne des nouvelles et appelle aux dons !

Les personnes vulnérables en situation de précarité sont les plus durement touchées par les conséquences de cette pandémie. Le public qu’accompagne Réfugiés Bienvenue n’est donc pas épargné. Les difficultés se multiplient et notre pratique tente au fil des jours de s’ajuster à ce contexte mouvant.

Un besoin de mise à l’abri encore plus fort

Réfugiés Bienvenue est très sollicité par des personnes à la rue et plusieurs hébergements devront se terminer à la fin du confinement. Malheureusement, le nombre de propositions pour accueillir reste faible et nous manquons de places. De plus, avec l’impossibilité actuelle de se réunir, les quelques places ouvertes sont gelées. Notre association met tout en œuvre pour pérenniser son action malgré les circonstances actuelles.

Afin d’assurer la continuité de l’hébergement de la trentaine de personnes que nous accompagnons actuellement et d’en accueillir de nouvelles, et ce en prenant toutes les mesures sanitaires requises, nous espérons recevoir de nouvelles propositions d’accueil !
Nous restons à l’écoute, par téléphone, de toutes les personnes qui souhaiterait agir solidairement et héberger prochainement des personnes exilées.

Les personnes en demande d’asile à la marge du droit

Le droit d’asile en France est malmené depuis le début du confinement et les conséquences sont dramatiques.

Le gel des procédures (impossibilité d’enregistrement de sa demande d’asile, audience annulée, décisions non délivrées…) fragilise les personnes et altère leurs droits les plus fondamentaux. L’inquiétude suscitée par cette absence de communication du corps administratif s’ajoute à l’anxiété du confinement.

Notre équipe de bénévoles et la travailleuse sociale redoublent d’effort pour chercher des éléments de réponse et informer chacune des personnes suivies par Réfugiés Bienvenue.

Tenter de répondre aux besoins de chacun

Pour le public bénéficiaire d’une protection internationale, les démarches professionnelles en cours sont très impactées et fortement ralenties, sans compter la mise à l’arrêt des examens de dossiers liés au relogement. Les conséquences pour l’avenir sont là aussi inquiétantes.

Soucieux de ne laisser personne de côté, notre accompagnement social s’est transformé depuis le début du confinement pour répondre au mieux aux attentes de chacun, lutter contre la précarité et l’isolement.

Grâce à la mobilisation des hébergeurs, des partenaires, et des bénévoles, un soutien à distance a été mis en place pour assurer une continuité dans l’étude du français, recherche d’emploi autonome, formations en ligne, mais aussi pour écouter, et laisser à chacun la possibilité d’exprimer ses craintes et problématiques.

L’avenir de Réfugiés Bienvenue fragilisé

Le monde associatif est en alerte, les projets sont à l’arrêt et certains financements avec. Le monde associatif est en alerte, les projets sont à l’arrêt et certains financements avec. Conscient des nombreuses sollicitations actuelles, Réfugiés Bienvenue a pourtant besoin de lever des fonds pour espérer continuer ses actions. Ainsi, et avec l’aide la précieuse aide de l’association « Les Petites Pierres » qui double chaque euro versé, nous appelons aux dons pour espérer continuer nos actions et surtout ne laisser personne retourner à la rue dans ces conditions et assurer une aide alimentaire et financière à toutes les personnes exilées qui ont perdu leur source de revenus.

Cliquez ici pour nous soutenir en faisant un don.

Cagnotte de fin d’année avec Ulule

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Réfugiés Bienvenue lance une campagne de récolte de fonds avec Ulule pour financer ses missions.

L’association ne bénéficie pas de subventions, et ne repose que sur le soutien généreux de ses bienfaiteurs. Notre cagnotte a pour but de financer les dépenses suivantes:

  • Hébergement d’urgence, car nous nous engageons à héberger les demadeurs d’asile pendant toute la durée de leur procédure, mais que nous n’avons jamais assez d’offres d’hébergement, il nous arrive d’avoir recours à des solutions payantes (Airbnb, hôtel);
  • Titres de transport, les personnes hébergées dans le cadre de notre association ont besoin de se déplacer pour leurs démarches, leur cours de français, mais également pour avoir une vie sociale, nécessaire à la stabilité émotionnelle. Les demandeurs d’asile ne bénéficie que d’une petite aide financière de l’Etat.
  • Aide alimentaire, et aide à l’installation car de plus en plus de citoyens généreux nous prêtent des appartements vides. Bien que nous essayons au maximum d’avoir recours à des solutions économiques, les dépenses pour les courses, et l’ameublement sont importantes pour nos moyens.

Pour nous soutenir n’hésitez pas à participer et à diffuser notre cagnotte, nous vous en serons extrêmement reconnaissants !!

Pour plus d’infos: https://fr.ulule.com/refugies-bienvenue/

 

Réfugiés Bienvenue est à la recherche de bénévoles

Réfugiés Bienvenue recrute de nouveaux bénévoles pour plusieurs postes:

Découvrez les témoignages de nos bénévoles, postés régulièrement sur notre site et notre page Facebook.

Témoignage de Marguerite, co-présidente de Réfugiés Bienvenue

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Je me suis engagée au pôle hébergement de l’association en janvier 2016, au moment où les arrivées de migrants étaient majoritairement représentés par des chiffres et des photos de foules sans visages.

C’était important pour moi de mettre des noms sur ces visages, et de créer des liens, en plus d’aider d’une manière ou d’une autre. Depuis j’y ai noué des amitiés, avec les membres de l’association, et avec les personnes hébergées.

Sur la photo je suis avec Sonam, que j’aime beaucoup, et qui est l’une des premières personnes que j’ai suivies au sein de l’association, alors qu’elle venait d’arriver en France. C’est probablement l’une des personnes les plus généreuses que je connaisse.

Ce qui est bien avec Réfugiés Bienvenue c’est qu’on fait quelque chose de concret: l’hébergement est une première nécessité, et une fois qu’il est garanti, on enlève cette préoccupation de la tête de la personne hébergée.

 

Refugees Welcome International

Ce week-end les membres européens et australiens du réseau Refugees Welcome International se sont réunis à Catane, en Sicile. Nous avons été accueillis au centre Colonia don Bosco – Catania qui héberge des mineurs isolés étrangers et les accompagne dans leur parcours d’inclusion. La rencontre a été l’occasion d’échanger sur les pratiques propres à chaque organisation, les conditions d’accueil des migrants et du cadre législatif les régulants dans chaque pays, et de discuter de beaux projets futurs !

Réfugiés Bienvenue fait partie du réseau Refugees Welcome International (RWI) depuis Avril 2018. Fondé par l’association allemande Flüchtlinge Wilkommen/Refugees Welcome Germany, qui a inspiré la création de Réfugiés Bienvenue, ce réseau regroupe des organisations dont la mission principale est l’hébergement de réfugiés/demandeurs d’asile, provenant de 16 pays différents, dont 13 en Europe.

Ce partenariat ouvre la porte à des échanges sur les bonnes pratiques à adopter, une communication commune, des projets partagés. Des représentants de Réfugiés Bienvenue ont participé aux réunions biannuelles du réseau, du 18 au 20 mai 2018 à Malmö (Suède), puis du 30 novembre au 2 décembre à Catane (Italie). Ces rencontres sont l’occasion pour les partenaires d’échanger sur les pratiques, ainsi que sur l’accueil des demandeurs d’asile et réfugiés dans les différents Etats, et les lois qui les encadrent. Refugees Welcome International travaille actuellement sur projet commun visant à développer une stratégie de communication commune au niveau Européen, piloté par Refugees Welcome Italie.

« On a l’impression d’avoir un coloc à l’appart, comme pendant nos années d’études, c’est chouette! »

Alpha est arrivé jeune en France, et a d’abord été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. A l’été 2018, il a atteint la majorité, ainsi que la fin de sa prise en charge par l’Etat. C’est à ce moment qu’il nous a contacté pour être hébergé.

Alpha a emménagé chez Hugo et sa compagne en septembre 2018, et tous les trois sont ravis de cette expérience de cohabitation ! Il a depuis obtenu son statut de réfugié et suit une formation en informatique grâce à la mission locale.

Nous sommes ravis d’accueillir Alpha depuis le mois de septembre. Ayant reçu son statut de réfugié depuis qu’il est arrivé chez nous, il cherche maintenant un travail ou une formation. Alpha est quelqu’un de très agréable à vivre, toujours partant pour découvrir et expérimenter. Nous sommes déjà partis deux fois en weekend hors de Paris ensemble ! La cohabitation se passe super bien, chacun respectant les habitudes et les besoins des autre. On a l’impression d’avoir un coloc à l’appart, comme pendant nos années d’études, c’est chouette !

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Réfugiés Bienvenue officialise son partenariat avec Airbnb

Le 20 juin, Airbnb a lancé la plateforme Open Homes pour permettre à ses hôtes d’héberger des demandeurs d’asile et réfugiés, en collaboration avec plusieurs associations, dont Réfugiés Bienvenue.

Le partenariat Réfugiés Bienvenue – Airbnb est né il y a plusieurs mois et a permis à plusieurs personnes d’être hébergé pour des longues périodes chez des hôtes Airbnb.

Ci-dessous une vidéo de témoignages de certains de ces hôtes Airbnb devenus hébergeurs avec Réfugiés Bienvenue.

La barrière de la préfecture: un appel à l’aide pour Patrick

« Patrick*, a fui l’horreur en République Démocratique du Congo et souffert un voyage traumatique pour retrouver son frère, réfugié en France, la seule famille qu’il lui reste. Mais ici, il est confronté à des procédures injustes qui l’empêchent de demander l’asile et le confrontent à un risque de renvoi.  (…) Il est victime d’abus de procédure : on lui nie le droit élémentaire de demander l’asile, ce qui est contraire aux conventions internationales. Le préfet a pourtant le plein pouvoir d’autoriser le jeune homme à déposer sa demande d’asile. Il serait enfin temps. » Lire l’appel complet.

Nous vous encourageons vivement à lire cet appel urgent de notre partenaire, ACAT France, et à envoyer la lettre jointe au Directeur de l’Asile (Ministère de l’Intérieur), pour que Patrick*, également suivi par Réfugiés Bienvenue, puisse enfin bénéficier de son droit élémentaire de demander l’asile. Pour l’aider, il suffit de signer deux exemplaires de la lettre et de les envoyer au Directeur de l’Asile M. Raphaël Sodini, ainsi qu’à l’ACAT.

* Le nom complet de Patrick a été masqué pour le protéger. Il sera communiqué au destinataire de la lettre par l’ACAT de manière confidentielle.

Communiqué suite aux attaques du 13 novembre 2015

Nous comprenons le sentiment de peur qui peut se propager suite à la diffusion d’informations quant à l’identité potentielle des terroristes du vendredi 13 novembre 2015.

Cependant, cette peur, bien qu’elle soit légitime, ne peut primer sur la raison. Ne laissons pas la haine, la tristesse, l’amertume embuer nos pensées. Ne nous tournons pas vers l’extrême opposé, la dérive sécuritaire, l’islamophobie, la xénophobie.

Personne ne quitte son pays, sa famille, ses amis le cœur léger, à la va-vite. Les demandeurs d’asile ont subi des persécutions. Ils ont parfois été torturés, parfois été emprisonnés arbitrairement sans aucun accès à un système judiciaire comme nous avons la chance d’en avoir – ils ont souffert. Et ils ont peur. De qui ? De quoi ? De la même chose, des mêmes personnes, qui, vendredi soir, ont mis Paris à sang. De la même chose, des mêmes personnes que nous.

Les personnes qui demandent l’asile en France et en Europe en général, qui espèrent y devenir réfugiés, fuient des pays où ce que le peuple français a enduré vendredi est présent au quotidien, partout. Ils ne représentent pas un danger pour la France ; ils étaient dans une si grande détresse qu’ils ont risqué leurs vies pour que la France les sauve de ce même danger.

Au cours de la procédure de demande d’asile, devant l’Officier Français de Protection des Apatrides et des Réfugiés, puis devant les juges de la Cour Nationale du Droit d’Asile si nécessaire, les demandeurs d’asile doivent raconter leur histoire, dans les détails les plus douloureux. Ils doivent se replonger dans les jours les plus sombres de leurs vies, et raconter, encore et encore, les raisons qui les ont poussés à s’enfuir. Ils doivent donner des noms de personnes, de lieux, décrire, encore plus en détails, les paysages, les situations, les paroles, les coups, le moindre détail dont ils se souviennent, juste pour prouver que leur histoire est réellement la leur. L’OFPRA corrobore toutes ces informations avec celles qu’il recueille de divers rapports d’organismes du terrain, de l’UNHCR, de journalistes, etc.

Les demandeurs d’asile obtenant le statut de réfugié à l’issue de cette procédure ont été soumis à un contrôle extrêmement méticuleux. L’Etat français, au nom du peuple français, reconnait que ces individus sont dans un danger tel qu’ils requièrent une protection internationale. Ne tendons pas aux réfugiés une main pour la reprendre, ne leur arrachons pas cette bien triste «victoire».

Si nous fuyions des terroristes comme ceux qui ont froidement abattu des centaines de français vendredi soir, ne serions-nous pas aussi soulagés, qu’un autre pays nous accueille ? Soulagés à défaut d’être contents, puisqu’obtenir le statut de réfugié n’est pas une victoire – c’est la matérialisation de ce que les horreurs passées n’étaient pas qu’un cauchemar. C’est se dire « cela m’est vraiment arrivé, à moi, et l’Etat français le reconnait. Cela doit être très grave alors… Et il s’agit de moi. » C’est une victoire, certes, « sains et saufs, enfin ! ». Mais elle a un goût amer, elle n’est pas synonyme de bonheur.

Nous condamnons les événements du vendredi 13 novembre, comme tout le peuple français, et comme le peuple français, nous sommes en deuil. Cependant, nous condamnons aussi les amalgames. Ce sont eux qui sont la cause des actes haineux qui déchirent aujourd’hui notre monde. Ne répondons pas à la haine par la haine ; notre meilleure arme est et demeure la solidarité. Solidarité face à cet ennemi commun qui fait fuir des peuples entiers, qui vendredi nous a touchés au cœur.

Toutes nos portes étaient #PorteOuverte vendredi 13 novembre, quand Paris vivait de sombres heures. Cet élan de solidarité nous a profondément émus. Montrons qu’il ne s’arrête pas là où la peur commence. Gardons notre #PorteOuverte à ceux qui en ont encore tant besoin.

L’équipe de Réfugiés Bienvenue