POURQUOI HEBERGER?

Pourquoi est-il nécessaire de fournir un logement aux demandeur.se.s d’asile?

La Situation

En 2016, plus de 85 500 personnes ont demandé l’asile en France. Paris et sa région sont le premier lieu d’accueil en France, mais il n’y a place que pour la moitié d’entre eux en CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asile en France). Quelles en sont les conséquences ?

D’une part, les demandeur.se.s d’asile en souffrent. N’étant pas autorisé.e.s à travailler, ils sont dans l’obligation de faire une demande d’hébergement en CADA pour pouvoir toucher l’ADA (Allocation aux Demandeurs d’Asile). Cependant, la procédure peut durer plusieurs mois, ce qui signifie donc plusieurs mois sans aucun « revenu ». Si la sphère associative couvre les aspects de conseil juridique, d’alimentation, ou encore de cours de français, peu d’associations aconfessionnelles et apolitiques couvrent ce besoin urgent de logement des demandeurs d’asile.

D’autre part, Paris en souffre. La régionalisation de la procédure de demande d’asile entraîne la concentration des demandeurs dans les villes où se trouvent les préfectures de régions. Ainsi, on assiste à l’installation de nombreux campements de parfois plusieurs centaines de demandeur.se.s d’asile dans les rues de grandes villes comme à la Chapelle, en plein Paris.

Que fait l’état ?

L’Etat a mobilisé des solutions alternatives à l’hébergement en CADA. À défaut de cette option, et sous réserve d’avoir accepté l’offre de prise en charge, le demandeur.se d’asile est en tout cas susceptible de bénéficier :

  • d’une place au sein de l’Accueil Temporaire Service d’Asile (AT-SA). Créé en 2000, le dispositif a grandi jusqu’à compter 3 816 places en 2016, qui entrent dans le plan gouvernemental précédemment mentionné.
  • d’une place en Hébergement d’Urgence des Demandeurs d’Asile (HUDA). Ce dispositif répond aux demandes d’hébergement des demandeur.se.s d’asile : qui auraient droit au CADA mais qui ne trouvent pas de place, qui n’ont pas vocation à y être admis (procédure prioritaire et réexamen, procédure Dublin), ou qui en sortent suite à une décision quant à leur demande. Dans ce dernier cas, ils sont pris en charge pour une durée maximale de deux mois.
  • d’une place en Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO). Cette structure s’est développée en 2015 pour évacuer les campements. Il s’agit d’une mise à l’abri temporaire (entre un et trois mois), pendant l’hiver, de migrant.e.s ayant formulé une demande d’asile ou pas.

Malgré tout, de nombreux demandeur.se.s attendent aujourd’hui une place en CADA ou autre dispositif, principalement des personnes isolées qui risquent de rester sans toit pendant toute leur demande d’asile qui peut durer plusieurs années. Parmi eux, beaucoup sont en hébergement d’urgence (hébergé.e.s par le Samu social par exemple).

Pourquoi est-il nécessaire de fournir un logement aux réfugié.e.s?

Une fois le statut obtenu, les réfugié.e.s qui étaient hébergé.e.s en CADA pendant leurs procédures peuvent obtenir une prolongation de leur hébergement de trois mois, renouvelable une fois. Néanmoins, à l’expiration de ce délai, les réfugié.e.s se retrouvent souvent sans logement. En effet, faisant l’objet de discrimination à l’embauche, ils se retrouvent souvent sans ressources et par conséquent logement malgré leur droit à travailler.

Sans CADA, où aller?

Les demandeur.se.s d’asile/réfugié.e.s peuvent se faire héberger en urgence par le Samu social. Pour cela, il faut appeler le 115 chaque jour pour obtenir une place pour la nuit, et les places sont limitées. Sinon, les mairies financent parfois quelques nuits d’hôtel. Cependant, elles n’y sont pas très favorables car cela leur revient cher : 50€/nuit. Ce sont des solutions provisoires, qui ne sont pas viables sur le long terme.

Le droit au logement est reconnu comme un droit constitutionnel depuis 1946 en France et depuis 1948 au niveau international par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. 60 années plus tard, ensemble, faisons en sorte qu’il soit effectif. Pour offrir un hébergement, remplissez ce formulaire, ou pour découvrir comment ça marche, rendez-vous sur notre page Hébergement.