HÉBERGER UN DEMANDEUR D’ASILE

Comment ça marche?

Pour offrir un hébergement à un demandeur d’asile, remplissez ce formulaire. Une fois rempli:

  1. Nous vous contacterons pour répondre à vos questions dans puis vous proposer une rencontre avec un demandeur d’asile ou réfugié statutaire correspondant à votre offre d’hébergement.
  2. Si la rencontre se passe bien, vous signez avec le demandeur d’asile un contrat d’hébergement, qui détaille les règles de vie commune que vous souhaitez mettre en place.
  3. Le demandeur d’asile emménage!

Quelles sont les conditions d’hébergement?

L’hébergement se fait à titre gratuit. Si besoin, il vous est tout de même possible de demander à ce que le demandeur d’asile paie ses charges (électricité et eau). Notez cependant que ce dernier a de faibles sources de revenus car il n’a pas le droit de travailler. La personne qui emménage s’engage à participer aux tâches ménagères de manière équitable.

Si vous n’avez pas la possibilité de couvrir les frais de nourriture et de transport de la personne que vous hébergez, il est possible d’organiser une alternative avec les nombreuses associations qui s’occupe de ces thématiques.

Le contrat peut donner l’impression de trop « codifier » les rapports au premier abord. Néanmoins, il permet à l’hébergeur et l’hébergé de connaitre leurs obligations mutuelles. De plus, la date de fin d’hébergement se trouvant dans le contrat (que vous pouvez repousser si tout se passe bien) permet aux bénévoles de s’organiser pour trouver un autre hébergement à la fin du contrat. C’est donc un outil indispensable pour le bon déroulement de l’hébergement.

Quel est le rôle de Réfugiés Bienvenue?

Nous nous assurons avec les associations partenaires que la personne hébergée est réellement dans le besoin, suivie administrativement pour sa procédure de demande d’asile et enthousiaste à l’idée d’être hébergée. Un bénévole de l’association assure le suivi de l’hébergement pendant toute la durée du contrat. Il reste disponible si vous (l’hébergeur ou le demandeur d’asile) voulez le contacter concernant des questions ou des problèmes liés à l’hébergement.

Pour offrir un hébergement, remplissez ce formulaire.


Pourquoi est-il nécessaire de fournir un logement aux demandeurs d’asile?

En 2016, plus de 85 500 personnes ont demandé l’asile en France. Paris et sa région sont le premier lieu d’accueil en France. Seulement la moitié d’entre eux sont hébergés en CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asile en France). Cela est dû à plusieurs facteurs. D’une part, les demandeurs d’asile sont dans l’obligation de faire une demande d’hébergement en CADA pour pouvoir toucher l’ADA (Allocation aux Demandeurs d’Asile). D’autre part, la régionalisation de la procédure de demande d’asile entraîne la concentration des demandeurs dans les villes où se trouvent les préfectures de régions. Ainsi, on assiste à l’installation de nombreux campements de parfois plusieurs centaines de demandeurs d’asile dans les rues de grandes villes comme à la Chapelle, en plein Paris.

L’Etat a mobilisé des solutions alternatives à l’hébergement en CADA. À défaut de cette option, et sous réserve d’avoir accepté l’offre de prise en charge, le demandeur d’asile est en tout cas susceptible de bénéficier:

  • d’une place au sein de l’Accueil Temporaire Service d’Asile (AT-SA). Créé en 2000, le dispositif a grandi jusqu’à compter 3 816 places en 2016, qui entrent dans le plan gouvernemental précédemment mentionné.
  • d’une place en Hébergement d’Urgence des Demandeurs d’Asile (HUDA). Ce dispositif répond aux demandes d’hébergement des demandeurs d’asile : qui auraient droit au CADA mais qui ne trouvent pas de place, qui n’ont pas vocation à y être admis (procédure prioritaire et réexamen, procédure Dublin), ou qui en sortent suite à une décision quant à leur demande (réfugiés, bénéficiaires de la protection subsidiaire, déboutés ou régularisés). Dans ce dernier cas, ils sont pris en charge pour une durée maximale de deux mois.
  • d’une place en Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO). Cette structure s’est développée en 2015 pour évacuer les campements. Il s’agit d’une mise à l’abri temporaire (entre un et trois mois), pendant l’hiver, de migrants ayant formulé une demande d’asile ou pas.

Malgré tout, de nombreux demandeurs attendent aujourd’hui une place en CADA ou autre dispositif, principalement des personnes isolées qui risquent de rester sans toit pendant toute leur demande d’asile qui peut durer plusieurs années. Parmi eux, beaucoup sont en hébergement d’urgence (hébergés par le Samu social par exemple).

N’étant pas autorisés à travailler en France, sauf dans certains cas lorsque leur procédure est en cours depuis plus d’un an, l’ADA (environ 330€/mois) reste leur seule source de « revenu ». Seulement, l’ADA n’est versée qu’à partir du dépôt de la demande d’asile. Or, ceci peut prendre plusieurs mois. De plus, l’ADA est versée de façon assez aléatoire. N’étant pas autorisés à travailler, cela signifie donc plusieurs mois sans aucun « revenu ».

Si la sphère associative couvre les aspects de conseil juridique, d’alimentation ou encore de cours de français, peu d’associations aconfessionnelles et apolitiques couvrent ce besoin urgent de logement des demandeurs d’asile.

Pourquoi est-il nécessaire de fournir un logement aux réfugiés?

A la différence des demandeurs d’asile, qui sont encore en cours de procédure, les réfugiés se sont vus reconnaitre le statut ainsi que les droits qui s’y rattachent. Cela signifie que l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides) a formellement reconnu que cette personne sera persécutée en cas de retour dans son pays d’origine du fait de son identité (origine ethnique, nationalité, appartenance à un certain groupe social), de ses convictions religieuses ou de ses opinions politiques.

Une fois le statut obtenu, les réfugiés qui étaient hébergés en CADA peuvent obtenir une prolongation de leur hébergement de trois mois, renouvelable une fois. Néanmoins, à l’expiration de ce délai, les réfugiés se retrouvent souvent sans logement. En effet, faisant l’objet de discrimination à l’embauche, ils se retrouvent souvent sans ressources et par conséquent logement malgré leur droit à travailler.

Sans CADA, où aller?

Les demandeurs d’asile/réfugiés peuvent se faire héberger en urgence par le Samu social. Pour cela, il faut appeler le 115 chaque jour pour obtenir une place pour la nuit. C’est une solution provisoire qui n’est pas viable sur le long terme.Les mairies financent parfois quelques nuits d’hôtel. Encore une fois, il s’agit d’une solution temporaire et les mairies n’y sont pas très favorables car cela leur revient cher : 50€/nuit.

Le droit au logement est reconnu comme un droit constitutionnel depuis 1946 en France et depuis 1948 au niveau international par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. 60 années plus tard, ensemble, faisons en sorte qu’il soit effectif.

Pour offrir un hébergement, remplissez ce formulaire.